IX Festival Internacional de Benicàssim - 2 Many Dj's, Andy Fletcher, Chicks On Speed, Goldfrapp, Jori Hulkkonen, Miss Kittin, Moby, Todd Terry... / Costa Azahar (España) - 10/08/2003
On les admire ou on les déteste, mais les américains sont des professionnels du show-business et de l’entertainment. Parfois même du play-back ! Comme Moby, dont le concert remarquablement efficace mêlant anthems (Go) et tubes extraits des albums Play et 18, s’avérait truffé de bandes. L’homme n’en a cure. Ses interventions aux percus sont loin d’être convaincantes mais ont le mérite de dynamiter une musique qui manque cruellement de chaleur. Sa chanteuse (plus à l’aise dans la house que dans la pop), épaule fidèlement Moby et harangue la foule sans réelle flamme. Le new-yorkais est plus politisé qu’il n’y paraît, s’adressant (en espagnol) par ces mots « El presidente de los Estados Unidos es un americano ignorante... » (nul besoin de traduire).
Un peu avant dans le FIB-Club, on pouvait découvrir aux platines l’un des membres du groupe Depeche Mode, Andy Fletcher, visiblement plus à l’aise au clavier que derrière des MK2. Quelques galettes électro-pop insignifiantes, ponctuées quand même de l’énorme Take All Out Water de feu Add N To (X). D’une manière générale, on préfèrera le dernier album de Martin Gore à la première sortie de son label Toast Hawaii, Client.
Bien plus tard, sous le même chapiteau, dans le cadre d’une nuit Mute, Miss Kittin achevait les derniers festivaliers par un set aux consonances acid, assez loin de la bleep de son récent CD mixé Radio Caroline.
Auparavant, le protégé de F. Communications Jori Hulkkonen parvenait sans mal à débrider l’atmosphère grâce à une sélection irréprochable, conclue de toute beauté par une version longue (et techno ?) du tube Seven Nation Army des White Stripes.
Suivirent les incorrigibles Chicks On Speed, pour un show cacophonique, décalé et exagérément "marketé". Dommage, il y avait des disques à gagner…
Todd Terry, spécialiste des remixes (la célèbre relecture du Missing de Everything But The Girl, c’est lui) et pionnier de la dance américaine, est également un dj renommé. Mes derniers doutes se dissipèrent quand le king de NYC réussit à déchaîner des chicas déjà tout excitées, mais malgré quelques incursions dans les rythmes afro, celui-ci finit par tomber dans l’écueil inévitable d’une hard house au kilomètre. Déjà entendu.
Mais la reine de ce festival intervint en clôture. Alison Goldfrapp, vêtue comme Natacha l’hôtesse de l’air, déclina avec classe les meilleurs titres de ses albums Felt Mountain et Black Cherry (dont un aérien Crystalline Green en parfaite harmonie avec le ciel étoilé de Benicàssim). Plus à l’aise dans les morceaux mélancoliques, l’anglaise provoquait enfin un spasme dans le cœur de festivaliers. Cette fille vend du rêve.
Malgré une panne de voiture malvenue et une température caniculaire, cette première expérience "fibienne" a été plus que positive. Nos amis espagnols prouvent avec le Festival International de Benicàssim et le Sónar de Barcelone qu’il faut désormais compter avec eux. Indie ou électronique, la musique est bonne en Espagne.
Rendez-vous à l’année prochaine, sous le soleil exactement !
Plus d'infos : www.fiberfib.com