Peaches - Fatherfucker (XL Recordings / 2003)

Son show ultra-obscène en première partie des récents concerts de Björk à Bercy fit grand bruit. Il en avait dérouté plus d’un, tout du moins, car Peaches n’est pas du genre à rigoler, elle n’en a rien à foutre* du qu’en dira-t-on (I Don’t Give A...), même si l’on a pu la sentir froissée par l’accueil glacial que lui avait réservé un public parisien décidément très difficile… Et pour cause, les titres présentés annonçaient ce Fatherfucker vicieux et subversif, suite logique des préceptes énoncés dans son premier album The Teaches Of Peaches. C’est qu’elle a des couilles**, cette gonzesse ! Sid Vicious n’est pas mort, il s’est juste fait opérer.
Côté production, Fatherfucker met une grosse claque d’entrée avec ses beats (mot anglais à ne pas confondre...) ravageurs et ses paroles sexuellement explicites ("I don’t have to make the choice, I like girls and I like boys" sur I U She).
La reine du mauvais goût enfonce le clou. Toujours plus crade et provocatrice, toujours plus décadente, la canadienne émigrée à Berlin produit un album homogène et original, qui voit la participation exceptionnelle de l’iguane Iggy Pop, sur un Kick It primaire et jouissif. Search and Destroy !
La copine de Gonzales est bien placée pour créer la surprise en cette rentrée 2003, à l’heure où les apprentis de la Star Academy risquent de monopoliser l’attention avec un recyclage navrant de La Bamba...
De son côté, Familles de France va peut-être mal comprendre le salace Shake Yer Dix, qui demande explicitement aux garçons de remuer leurs queues*** et aux filles de remuer leurs nibards (tits). Stuff Me Up en duo avec Taylor Savvy, autre déconneur de Kitty-Yo, la joue plus cool, mais possède un caractère libidineux tout aussi prononcé.
Sur Rock ’N’ Roll, on imagine ce que pouvait être le son de son groupe à Toronto, Fancypants Hoodlum. A l’aise dans les mots, "la pêche" n’a pas choisi Fatherfucker par hasard. Une manière comme une autre de défendre un féminisme à tout épreuve.
Bref, Merrill Nisker (de son vrai nom) est la bad girl que toutes les mauvaises filles en devenir voudraient être (formule empruntée à Rolling Stone). Britney Spears lui a même demandé son aide, mais seule Pink semble avoir attiré son intérêt... Les brunes comptent pas pour des prunes, n’est-ce pas ?
Et puis merde****, achetez-le cet album, vous verrez bien !
*faire
**arguments
***verges
****zut
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