Rock en Seine / Franz Ferdinand, Amp Fiddler, Baby Shambles, Feist, Robert Plant, Foo Fighters, Goldfrapp, The Departure / Domaine National de Saint-Cloud - 26/08/2005
Une nuit de sommeil écourtée par des relents de houblon suivie d’une demi-journée au bureau forcément passionnante, que déjà retentissait la cloche annonçant le second round du festival Francilien. A la population branchée de la veille allaient se substituer ce vendredi quelques keupons et quinquas sur le retour.

Amp Fiddler
La grande scène ne tardait pas à faire montre de ses immenses capacités (inaugurant au passage une nouvelle technologie sonore) avec le live énergique et spirituel de Amp Fiddler, talentueux musicien de Detroit ayant fait ses armes pour – excusez du peu – George Clinton, Prince et, plus récemment, The Detroit Experiment (ndr : le projet jazz de Carl Craig). De quoi mettre en joie les amateurs de soul électronique et de funk psychédélique avec des extraits choisis de Waltz Of A Ghetto Fly (Genuine / 2004), avant que ne commencent réellement les festivités.
Le rendez-vous était pris avec Pete Doherty, ancien leader des Libertines davantage connu pour sa liaison avec Kate Moss (dont la consommation avérée de cocaïne défraie par ailleurs la chronique) que pour sa musique. Malheureusement pour lui et sa bande, les néo-punks allaient être déprogrammés de la Scène de la Cascade (la plus importante après la Grande Scène) en raison d’une énième frasque de l’intéressé (un avion loupé selon les organisateurs). Une bien bonne nouvelle pour The Departure, tout heureux de pouvoir s’exprimer devant une foule compacte, son chanteur ne loupant pas l’occasion de « chambrer » le junkie à la tête de bébé…

Baby Shambles
Un choix cornélien me faisait hésiter ensuite entre les Baby Shambles, enfin arrivés à bon port, et les lourdauds Saïan Supa Crew, venus honorer (sic) leur public blanc. Grâce à la pinte de blonde gentiment offerte par un fan de Franz Ferdinand, je ne tardais pas à oublier définitivement les MCs Frenchies pour me concentrer sur le concert des sous-Clash (ndr : le groupe est produit par Mick Jones)…
« Fuck (Forever) French Hip-Hop ! » pensais-je alors, l’esprit embrumé par le rock poisseux de ces Anglais arrivistes et faussement trash (merci aux adolescentes hystériques aperçues également au concert de Marilyn Manson à Bercy). 50 minutes plus tard se terminait enfin un concert de pacotille à rayer des tablettes. « Punk sucks ! » pouvait-on se dire après cette mascarade remarquablement orchestrée par l’ami Doherty… Des photos dans Gala et Voici à prévoir ?
La venue de Leslie Feist tombait à pic pour contrebalancer l’horreur sonore entendue précédemment. Certes un peu petite sur une scène de cette envergure, la Canadienne émigrée à Paris allait rapidement convaincre son assistance par un « best of » de Let it Die (Universal / 2004) et une sympathique reprise de Nina Simone (See Line Woman). Une prestation close par le magique et envoûtant Mushaboom…
Le temps de boire une (deux ? trois ? qu… ?) – hips ! – autre(s) pinte(s) que pétait déjà la power-pop survitaminée de Dave Grohl, ex-batteur d’un groupe culte (Nirvana) reconverti en porte-drapeau d’un rock FM par moment (par moment seulement) intéressant, les Foo Fighters. Mais celui en qui on pouvait voir un possible successeur de Kurt Cobain allait s’avérer rapidement lassant (voire navrant). Crachant ses morceaux (mais pas que ça) à la face de son monde, l’Américain devait servir une belle boulimie sonore.

Robert Plant
Pas le cas de Robert Plant, mythique leader de Led Zep’, alerte comme un trentenaire malgré ses 57 ans et visiblement ravi de jouer ses nouvelles compositions (tirées de Mighty Rearranger) et quelques « classiques » devant un parterre de Franciliens et de Provinciaux plutôt réceptifs. Pas mal, rien que pour le rappel : un Whole Lotta Love d'anthologie…

Franz Ferdinand
Le show final devait revenir à Franz Ferdinand, certainement le groupe le plus excitant sur scène de ces deux dernières années, venu présenter en avant-première quelques titres de leur second – et réussi – long format You Could Have It So Much Better (This Boy, Do You Want To…), en plus des inévitables perles du premier album (Take Me Out, etc.).
Une récompense méritée pour les quatre garçons Ecossais dans le vent, et pour une troisième édition de Rock en Seine ambitieuse bien que consensuelle. A l’année prochaine !
Plus d’infos : www.rockenseine.com