Présences électronique / Main, AGF, RadiQ, Pan Sonic, Amon Tobin / Maison de Radio France (Paris) - 11/03/2006
Le rendez-vous était fixé à 18h30, afin de recueillir les précieux sésames permettant d’accéder à la salle Olivier Messiaen, où allait se dérouler la troisième soirée du festival organisé par le GRM. Le Groupe de Recherches Musicales, créé en 1958 par Pierre Schaeffer, qui rendait hommage deux jours plus tôt à Luc Ferrari, grand chasseur de sons devant l’éternel…
La programmation la plus « ouverte » de Présences électronique offrait une occasion unique de découvrir le prodige brésilien Amon Tobin dans un environnement inhabituel, ce magnifique auditorium, inquiétant et majestueux, à l’acoustique exceptionnelle.
En ouverture, on se laissait bercer par la musique aérienne et poétique de Robert Hampson (Main), avant de se faire surprendre par la poésie électronique d’Antye Greie-Fuchs (AGF), aux compositions déstructurées et aux textes troublants (Everybody is a disaster / Tout le monde est un désastre). Affairée sur sa console, la Berlinoise de l’est démontrait un savoir-faire étonnant…
A peine le temps de reprendre nos esprits que débutait la prestation du talentueux japonais Yoshihiro Hanno, mieux connu sous le nom de RadiQ (et auteur du très bon Rip, Rig & Paniq chez Logistic), pour un voyage polyphonique aux confins de la musique de films.
Un court entracte pollué par la fumée de cigarette puis débarquaient les deux vikings de Pan Sonic, duo finlandais dur de la feuille, véritables barbares de la boîte à rythme et de la distorsion. Créant une atmosphère oppressante et hantée, Mika Vainio et Ilpo Väisänen trituraient sans fin leurs machines, jusqu’à en faire ressortir des sons acouphéniques difficilement supportables… Et là était bien le but recherché !
Mais la clôture (et le clou) de cette soirée d’initiation aux nouvelles formes de composition électronique et d’écoute allait incomber à Amon Tobin, récent auteur d’une musique de jeu vidéo à succès (Splinter Cell) et dont le prochain opus sera mixé au GRM. Plus classique dans sa démarche, utilisant semble-t-il la technologie Final Scratch, le brésilien exilé en Angleterre ramenait nos pauvres tympans à la raison en combinant la classe mélodique de ses origines avec l’originalité rythmique de son pays d’origine. Définitivement dans son temps.
Plus d’infos : www.ina.fr/grm
Sites officiels :
Main : www.esophagus.com/main
AGF : www.poemproducer.com
RadiQ : www.yoshihirohanno.com
Pan Sonic : www.phinnweb.org/panasonic
Amon Tobin : www.amontobin.com