IX Festival Internacional de Benicàssim - 808 State, ADULT., Beth Gibbons & Rustin Man, Blur, Green Velvet, Moloko, Placebo, Swayzak... / Costa Azahar (España) - 08/08/2003

Publié le par Geoff


Le Festival International de Benicàssim (FIB), neuvième du nom, a semble-t-il, légèrement déçu les habitués du traditionnel rendez-vous estival de la Costa Azahar. Toujours est-il que cette grand-messe de la musique indépendante reste un évènement unique en son genre, et que nul ne pourrait bouder son plaisir d’y avoir participé.

Plus d’une centaine de groupes et de Dj’s se succédaient en effet pendant 5 jours (soirées d’ouverture et de clôture comprises), pour le bonheur de mélomanes venus de toute l’Europe (dont 10 % de français).

Que les fans de Badly Drawn Boy, Travis, Katerine, Suede ou Suicide (j’en passe et des meilleurs) me pardonnent, il a bien fallu faire quelques impasses…

Première soirée et premier constat : l’endroit est magnifique, vaste (une vraie ville dans la ville), les différentes scènes disposées harmonieusement et les sanitaires en grand nombre (merci). Pourquoi donc avoir attendu si longtemps avant de se rendre dans cet eldorado ?

Malgré l’introduction de l’euro et le développement du tourisme de masse, l’atmosphère qui se dégage du littoral espagnol en été est toujours aussi bonne. Et ce n’est pas la législation (souple) en vigueur concernant les drogues douces qui va changer la donne... Tout comme le prix de la cerveza, relativement peu onéreux. Mais seule la Heineken avait droit de citer dans l’enceinte du FIB. Omniprésent, le brasseur batave étalait généreusement ses banderoles vertes et blanches sur la scène principale (escenario verde). La bière semblait être, d’ailleurs, la boisson la plus appréciée des festivaliers, d’autres lui préférant une vodka-red bull détonante ou un whisky-coca (très) bien servi...

Ce premier tour de piste était l’occasion de découvrir en même temps de grosses machines à tubes et des formations musicales plus underground.

Placebo parvenait sans mal à soulever la foule, visiblement toute acquise à son dernier album Sleeping With Ghosts, tandis que 808 State régalait les trainspotters de ses sons hybrides. Graham Massey (beaucoup moins maquillé que Brian Molko) déploie sur scène une énergie communicative, et leur classique de 1989 Pacific State n’a pas pris une ride. Seul bémol, les sifflements intempestifs du percussionniste, et ses interventions typiquement mancuniennes.

Un peu plus tard, le schizophrène Curtis Jones alias Green Velvet n’étonnait guère, dans un set de fer qui allait voir s’entrechoquer House Of Jealous Lovers des Rapture avec un morceau de techno pour le moins "heavy". Mais il fallait oser !

En début de nuit, le duo Swayzak faisait preuve de beaucoup plus de finesse, dévoilant comme dans l’album Himawari une certaine facilité à élaborer un groove minimaliste et vicieux.

Une bonne mise en jambes avant l’une des meilleures performances du festival, Moloko. La foule massée dans le chapiteau ne tardait pas à succomber au charme de Roisin Murphy (drapée dans une longue robe), enchaînant les tubes comme des perles (The Time Is Now, Forever More, Sing It Back). L’épanouissement sur scène d’une chanteuse fort sympathique, qui shoota l’assistance en partant…

Puis ce fut au tour de Blur, le groupe pop du moment qui ne cesse d’étonner par sa créativité. Auteurs d’un excellent dernier album (Think Tank), Mister Albarn et ses acolytes donnèrent de vrais moments de bonheur au public. Damon devait même entamer le magnifique Out Of Time par un son de didgeridoo à la bouche. Crazy, isn’t it ?

Les femmes furent les maîtresses de cette édition 2003 : Alison Goldfrapp, Nicola Kuperus d’ADULT., Miss Kittin, Roisin Murphy de Moloko, et... Beth Gibbons, échappée de Portishead, qui livra en compagnie de son complice Rustin Man un concert introverti mais habité, à la manière d’une Janis Joplin grimaçante. Une déchirure dans la nuit.

Plus tard, le duo barjo de Detroit, ADULT., venait clouer le bec aux aficionados du son electroclash. Loin du concept déposé par le new-yorkais Larry Tee, Nicola Kuperus et Adam Lee Miller prouvaient avec brio qu’on peut faire une musique "naïve" mais redoutablement "pensée", à base de synthés analogiques et de TR 808. Responsables de trois albums, ils réussissent à faire entendre leur voix dans une scène locale essentiellement black et techno. Une vraie claque !

La suite ici.

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Publié dans FESTIVALS

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