Isolée - We Are Monster (Playhouse / 2005)

Des deux espoirs de ce début de siècle chez Playhouse, seul Isolée semble tirer son épingle du jeu, Losoul (aux prestations live pourtant explosives) n’ayant pas réellement convaincu après le plébiscité Belong. Certes, l’attente a été longue (5 ans !) avant de pouvoir écouter le successeur de Rest (dont l’hymne Beau Mot Plage a été l’un des plus compilés de toute l’histoire des musiques électroniques), mais quel plaisir de voir à nouveau réunis house, techno et électro ! Trois styles frères séparés à la naissance…
Rajko Müller nous ressert donc sa précieuse alchimie sonore sur We Are Monster, avec davantage de personnalité encore, et j’allais dire, de finesse. Pas facile en effet de faire un album écoutable à la maison et dansable en club. Isolée y est arrivé, avec toutefois une propension certaine à créer des ambiances d’after, comme sur l’acid Do Re Mi ou l’extatique Face B. Très habile dans le maniement des sons (guitare, cordes, effets), l’Allemand surprend à chaque morceau, repoussant les limites du genre minimal à l’instar de Jackson (and his Computer Band) chez Warp.
Mais loin des concepts et prises de tête en matière de programmation, c’est à un univers très onirique auquel nous convie l’intéressé, notamment sur Schrapnell, Enrico et Today. A l’image du pompiste dans le dernier Romero (l'excellent Land of the Dead), « nous sommes un monstre », et Isolée est notre guide…
Plus d’infos : www.isolee.de