Panik aux Femmes s'en mêlent / KCPK, Exchpoptrue, Ellen Allien, Chloé / Elysée Montmatre (Paris) - 25/04/2003

Organisée dans le cadre du festival Les Femmes s'en mêlent, cette spéciale Panik devait accueillir Alison Goldfrapp, auteur des magnifiques Utopia et Human.
Malheureusement déprogrammée à la dernière minute, c'est avec une ferveur néanmoins intacte que je pénétrais, non sans mal, dans la fameuse salle de concert du 18ème arrondissement...
Exchpoptrue et son Live complètement barré retenait l'attention. "La putain de ta mère !", hurla l'une des deux trash girls entre deux morceaux, n'oubliant qu'à de rares instants la bouteille de champagne installée à leurs pieds. Shocking !
Leurs textes en trois langues (italien, anglais et allemand) recueillirent un écho certain, les filles trouvant là une réponse rigolote et impertinente au machisme, et les garçons une alternative sexy au turntablist encapuché. Leur électro-pop décomplexée fait penser à du Ladytron, sous perfusion de Telex. Une phrase résume d'ailleurs leur performance : "Life is a bitch !".
Un petit intermède composé de tubes intemporels comme Heroes de David Bowie ou Blue Monday de New Order, installa par la suite une atmosphère cool et chaleureuse, malgré le mix très approximatif des deux jeunes femmes alors aux platines...
Le clou de la soirée fut bien évidemment le set de la charmante Ellen Allien, dont le curriculum vitæ n'est plus à rappeler. Ses prestations à Villette Numérique et lors de la récente soirée aTRAXion furent saluées à leur juste valeur, mais la berlinoise nous conquit à nouveau ce vendredi soir, mâtinant sa sélection de breakbeat, d'acid house (le préhistorique Acid Tracks de Phuture), de classiques électro (l'applaudi Windowlicker d'Aphex Twin), de techno avant-gardiste (Atomic de Kiki, signé sur son propre label BPitch Control), et d'extraits reconnus de ses albums Stadtkind et Berlinette. Chloé jugea d'ailleurs opportun de rendre hommage à l'allemande, qui bénéficia d'applaudissements fournis et mérités. La patronne de BPitch Control confirmait là son rang, tenant la piste en ébullition pendant près de 2 heures...
La jeune parisienne n'eut pas grand mal à poursuivre cette entreprise, mettant dès le début une note acid minimaliste qui ravit les danseurs, apparemment amateurs du genre. Un mix énergique et subversif, apprécié par une foule restée compacte malgré l'heure tardive.
Cette soirée Panik aux Femmes s'en mêlent peut se vanter d'avoir tenu en éveil une population hétéroclite, habituée à la mixité. Ses animatrices n'ont pas déçu, montrant que la sensibilité féminine se marie à merveille avec la rigueur métronomique de la musique électronique.
Plus d'infos : www.panikalelysee.com