Jori Hulkkonen - Dualizm (F Communications / 2005)
Décevant mais ambitieux : ce sont les deux adjectifs qui viennent en tête pour qualifier le dernier LP du prolifique Jori Hulkkonen. Il faut dire que le pensionnaire de la maison F Com nous avait habitué à mieux depuis ses débuts en 1996 (Selkäsaari Tracks ; When No One Is Watching, We Are Invisible...). Là, on ne comprend pas très bien où le Finlandais veut en venir, avec des Tracks mélancoliques sans réelle consistance (Science ; Some Distant Memory). Le talent de producteur de ce DJ (qui a fait les premières parties de lives de Laurent Garnier, son label manager) est pourtant indéniable, mais à vouloir répéter la même idée sur dix plages, on pourrait croire à de nouvelles embardées de Philip Glass dans l’ambient music.
Il y a pire comparaison, me direz-vous… La vérité, c’est qu’on pique souvent du nez sur ce Dualizm monotone et inégal, qui entrevoit parfois la lumière : sur le superbe Blinded By The Numbers, avec José González (que n’aurait pas renié un certain Miles Davis), et avec l’abstract jazz réussi de Styrkkarit Laukee Taas, qui rappelle les formations nordiques actuellement en vogue (Jaga, Jimi Tenor…). Mais quand arrive Dying In Beauty avec la co-production l’incontournable chéri de ces dames, Tiga, on soupire de lassitude. Entendu, déjà entendu… Les deux hommes étant pourtant à l’origine du revival synth-pop 80’s de ces dernières années avec le tube de 2001, Sunglasses At Night.
Et puis on se réveille un peu avec l’électro-pop communicative de Lo-Fiction, d’influence New Order, où Jori ressort la deep techno midtempo qui a fait son succès. Mais quand l’artiste fait mine de retrouver un peu de sa vitalité sur la techno de Fermi Paradox, ses chances de nous convaincre tombent définitivement à l’eau.
Dualizm, le meilleur somnifère de ce printemps 2005… J’ai bien dit meilleur.
Plus d’infos : www.jorihulkkonen.com
BONUS : téléchargez la vidéo de Lo-Fiction (Divx AVI, MPEG1 ou QuickTime) !