Kraftwerk - Tour de France Soundtracks (Kling Klang / EMI - 2003)

On ne l’attendait plus. Kraftwerk, ou le secret le mieux gardé de la musique contemporaine, l’un des seuls (le seul ?) groupes à pouvoir (ré)concilier amateurs de musique électronique, de hip-hop et de rock (qu’il soit industriel ou gothique), revient avec un nouvel album... de techno ! Une panacée pour cette formation à géométrie variable, née à Düsseldorf à l’aube des années 70, qui comme Can et Neu! (formé par deux anciens instrumentistes du combo) faisait à ses débuts un genre de rock progressif expérimental et psychédélique (krautrock), mais qui a toujours eu pour obsession de faire danser...
Karl Bartos parti vers de nouvelles aventures (et dont l’album Communication sort ces jours-ci), Ralf Hütter, Florian Schneider, Fritz Hilpert et Henning Schmitz se sont remis au travail à l’occasion de l’exposition universelle d’Hanovre, pour un Expo 2000 assez classique, remixé par la crème des producteurs (François K., Octave One, Orbital, etc.).
Mais ces rois du concept (Autobahn, Radioactivity, Computer World), ont sagement attendu le centième anniversaire de la grande boucle pour faire leur grand retour, précédé par un single (Tour de France 03) ultra-produit, qui rend hommage à leur sport favori (le seul qui convienne à tout âge, dit-on) et à leur classique de 1983.
Les affaires de dopage n’ont pas causé de troubles chez nos amis teutons, toujours aussi caustiques (Vitamin), et l’effort surhumain des coureurs qui traversent notre beau pays en juillet a semble-t-il inspiré le quatuor (Elektro Kardiogramm). Un album élaboré à la manière d’un puzzle, qui commence laborieusement (les étapes 1, 2 et 3, Chrono), se poursuit frénétiquement (Aero Dynamik, Titanium) et se termine calmement (La Forme, Regeneration).
Une déclaration d’amour à la bicyclette qui mêle à nouveau programmation chirurgicale, voix trafiquées et amour des mélodies, et qui représente l’achèvement d’un travail commencé il y a 20 ans (et qui n’aura jamais vu le jour), Techno Pop. Deux mots qui symbolisent cet opus, et qui n’ont jamais été aussi pertinents qu’aujourd’hui.
Rendons à César ce qui appartient à César...
Plus d'infos : www.kraftwerk.com