Audio Bullys - Ego War (Source / 2003)

Malgré un premier essai concluant (Real Life) et une presse dithyrambique, le deuxième maxi des Audio Bullys allait rapidement décevoir. Fort heureusement, l’électro-punk de We Don’t Care est l’une des sauces les moins réussies de cet album frais et original. Tom Dinsdale et Simon Franks, posant baskets blanches aux pieds dans le Tube londonien, amènent avec Ego War un vent d’air frais bienvenu dans une actualité musicale morose, et constituent le dernier big bang électronique d’outre-manche, un an après Mike Skinner (âgé lui aussi d’une vingtaine d’années).
Mais si la musique de The Streets lorgne largement du côté du rap et du UK garage, celle de ces jeunes blancs-becs, tout en revendiquant les mêmes influences (The Specials, Madness), s’apparente plus au « Do It Yourself » de la culture rave locale. Les mots en plus, évoquant le sexe et la drogue, voire la mort (I Go To Your House)... Way Too Long et son sample d’Elvis Costello, l’entêtant refrain de Snake (qui illustre une pub Toyota), ou le métissé The Things (proche de la relecture de Light My Fire par Ripley), montrent l’ouverture d’esprit des Anglais, à qui l’avenir devrait sourire.
Le label Français Source a d'ailleurs bien senti le potentiel du groupe, faisant une promo d’enfer dans la presse. Audio Bullys franchit donc avec succès le cap du premier album, mêlant sa musique de touches personnelles inédites (The Tyson Shuffle, 100 Million, Face In A Cloud). Taillé pour le live, Ego War devrait faire ses preuves dans les festivals. Pour notre plus grand plaisir.
Plus d'infos : www.audiobullys.co.uk