Beastie Boys - To The 5 Boroughs (Capitol / 2004)

Publié le par Geoff


6 ans que l’on attendait un successeur au multi-platiné Hello Nasty, qui rendait compte du formidable talent d’entertainers des trois B-Boys, notamment sur les foutraques Intergalactic et Three MC’s and One DJ. Qu’elle semble loin, aussi, l’époque de Licensed To Ill, sorti en 1986 sur le mythique label Def Jam Recordings (Public Enemy, LL Cool J, EPMD...), et de Paul’s Boutique (89) - leur meilleur album à ce jour avec Ill Communication (94) -, qui les vit troquer leur punk/hardcore adolescent pour un rap désopilant et plein d'autodérision. Un groupe qui n’a cependant jamais oublié ses racines rock, grâce à la création de sa propre structure, Grand Royal (Luscious Jackson, Money Mark, Bran Van 3000...), dont la banqueroute a été récemment prononcée.
A presque quarante ans, Adam Horovitz, Adam Yauch et Michael Diamond - plus connus sous les sobriquets de Adrock, MCA et Mike D - n’ont pas encore besoin de DHEA (« You never been me / you wanna rap but what you're making ain't hip hop b » sur Ch-Check It Out). Ni de Prozac®, d’ailleurs, malgré les événements sombres qui ont défiguré leur ville un certain 11 septembre (« Since 911 we're still livin' / and lovin' life we've been given » sur An Open Letter To NYC). Cela ne les empêche pas, à l’instar de 3D et Daddy G de Massive Attack, de militer contre la guerre en Irak et pour la défense de l’environnement, ou, au travers de leur nouveau studio de production Oscilloscope, d’adresser des missiles (ver)balistiques au président BushWe've got a president we didn't elect / the Kyoto treaty he decided to neglect / and still the U.S. just wants to flex. » sur It Takes Time To Build).
Véritables tueurs sur disque comme sur scène, les Beastie Boys resteront dans la mémoire collective les petits blancs, juifs de surcroît (« I'm a funky-ass Jew and I'm on my way / and yes I got to say fuck the KKK » sur Right Right Now Now), qui les premiers, ont tenu la dragée haute aux spécialistes afro-américains du genre, bien avant Vanilla Ice (sic) et Eminem. To The 5 Boroughs marque un retour aux sources du hip-hop, une machine à danser à base de lyrics tranchants, de scratches percutants (Mix Master Mike) et de beats électro old-school programmés (sur une TR 909 ?) à l’ancienne. Une ode intelligente à la Big Apple et à ses cinq districts, à son melting-pot (« Black, White, New York You make it happen! »), enfin, à sa créativité musicale (le sample du fameux Good Times de Chic qui donna lieu au Rapper’s Delight de Sugarhill Gang, ici repris, malaxé et trituré sur Triple Trouble).

Plus d'infos :
www.beastieboys.com 

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Publié dans Hip-Hop - R&B

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