Talking Heads - Remain in Light (Sire Records / EMI - 1980)

Publié le par Geoff


Bien avant que Franz Ferdinand ne déchaîne les passions, un groupe sortit du lot, en proposant avant l’heure un savant amalgame de rock et de funk, de rythmes tribaux et de bidouillages électroniques. Un gloubiboulga sonore réussi qui n’aurait jamais pu être possible sans les talents cumulés de David Byrne et Brian Eno.
« Intellos » de la scène new-yorkaise, moins branchés que Blondie mais plus barrés que d’autres habitués du CBGB’s comme les Dolls ou les Ramones, les Talking Heads se firent connaître avec More Songs about Buildings and Food, un album complexe qui n'a cessé de faire des vagues. Le génial producteur techno de Detroit Carl Craig (qui leur a rendu hommage en 1997 avec le lumineux More Songs about Food and Revolutionary Art), en est l’exemple le plus marquant...
A nouveau mis en forme par le sorcier Brian Eno (incontournable à la fin des années 70 : ses albums Before and After Science et Ambient 1 : Music for Airports, la compilation No New York, la trilogie berlinoise de Bowie...), Remain in Light, beaucoup plus accessible que ses prédécesseurs (More Songs…, en 1978, et Fear of Music, en 79), est marqué par une pulsation rythmique de tous les instants, uptempo sur la face A (le remuant Born Under Punches, le tropical The Great Curve) et midtempo sur la B (le tube Once in a Lifetime, l’orientaliste Houses in Motion). Une musique inventive et joyeusement branque sur fond de critique sociale, les textes paranoïaques de Byrne s'opposant à la naïveté du mouvement « No Future », alors en vogue de l’autre côté de l’Atlantique.
Jerry Harrison (ex-Modern Lovers), Tina Weymouth et Chris Frantz (partis fonder plus tard le Tom Tom Club, dont le hit Wordy Rappinghood vient d’être repris par les usurpatrices Chicks on Speed), sont irréprochables derrière leur leader. Une osmose complétée sur scène par des musiciens funk, et une ouverture d’esprit prônée encore aujourd’hui par David Byrne et son label Luaka Bop, au catalogue hétéroclite (Los Amigos Invisibles, Jim White, Zap Mama, Cornershop). La réponse américaine au Real World de Peter Gabriel.
25 ans après, Remain in Light sonne toujours aussi bien, et il est plus que jamais temps de se plonger dans la discographie originale des Talking Heads, un groupe foutraque comme on n'en fait plus...
A noter : la sortie récente de la rétrospective Once in a Lifetime (EMI), sous forme de coffret (3 CD et 1 DVD). Les majors nous doivent bien ça…

Plus d'infos :
www.talking-heads.net

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Publié dans Pop - Rock

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