Le rendez-vous était fixé à 18h30, afin de recueillir les précieux sésames permettant d’accéder à la salle Olivier Messiaen, où allait se dérouler la troisième soirée du festival organisé par le
GRM. Le Groupe de Recherches Musicales, créé en 1958 par Pierre Schaeffer, qui rendait
hommage deux jours plus tôt à Luc Ferrari, grand chasseur de sons devant l’éternel…
La programmation la plus « ouverte » de Présences électronique offrait une occasion unique de découvrir le prodige brésilien Amon
Tobin dans un environnement inhabituel, ce magnifique auditorium, inquiétant et majestueux, à l’acoustique exceptionnelle.
En ouverture, on se laissait bercer par la musique aérienne et poétique de Robert Hampson (Main),
avant de se faire surprendre par la poésie électronique d’Antye Greie-Fuchs (AGF), aux compositions déstructurées et aux textes
troublants (Everybody is a disaster / Tout le monde est un désastre). Affairée sur sa console, la
Berlinoise de l’est démontrait un savoir-faire étonnant…
A peine le temps de reprendre nos esprits que débutait la prestation
du talentueux japonais Yoshihiro Hanno, mieux connu sous le nom de RadiQ (et auteur du très bon Rip, Rig & Paniq chez Logistic),
pour un voyage polyphonique aux confins de la musique de films.
Un court entracte pollué par la fumée
de cigarette puis débarquaient les deux vikings de Pan Sonic, duo finlandais dur de la feuille, véritables barbares de la boîte à rythme et de la distorsion. Créant une atmosphère oppressante et
hantée, Mika Vainio et Ilpo Väisänen trituraient sans fin leurs machines, jusqu’à en
faire ressortir des sons acouphéniques difficilement
supportables… Et là était bien le but recherché !
Mais la clôture (et le clou) de cette soirée
d’initiation aux nouvelles formes de composition électronique et d’écoute allait incomber à Amon Tobin, récent auteur d’une musique de
jeu vidéo à succès (Splinter Cell) et dont le prochain opus sera mixé au GRM. Plus classique dans sa démarche, utilisant semble-t-il la
technologie Final Scratch, le brésilien exilé en Angleterre ramenait nos pauvres tympans à la raison en combinant la classe mélodique de ses origines avec l’originalité rythmique de son pays
d’origine. Définitivement dans son temps.
Plus d’infos : www.ina.fr/grm
Sites officiels :
Main : www.esophagus.com/main
AGF : www.poemproducer.com
RadiQ : www.yoshihirohanno.com
Pan Sonic
: www.phinnweb.org/panasonic
Amon Tobin : www.amontobin.com
Une nuit de sommeil écourtée par des relents de houblon suivie d’une demi-journée au bureau forcément
passionnante, que déjà retentissait la cloche annonçant le second round du festival Francilien. A la population branchée de la veille allaient se substituer ce vendredi quelques keupons et quinquas sur le retour.
Amp Fiddler
La grande scène ne tardait pas à faire montre de ses immenses capacités (inaugurant au passage une nouvelle
technologie sonore) avec le live énergique et spirituel de Amp Fiddler, talentueux musicien de Detroit ayant fait ses armes pour –
excusez du peu – George Clinton, Prince et, plus récemment, The Detroit Experiment (ndr : le projet jazz de Carl Craig). De quoi mettre en joie les amateurs de soul électronique et de funk
psychédélique avec des extraits choisis de Waltz Of A Ghetto Fly (Genuine / 2004), avant que ne commencent réellement les
festivités.
Le rendez-vous était pris avec Pete Doherty, ancien leader des
Libertines davantage connu pour sa liaison avec Kate Moss (dont la consommation avérée de cocaïne défraie par ailleurs la chronique) que pour sa musique.
Malheureusement pour lui et sa bande, les néo-punks allaient être déprogrammés de la Scène de la Cascade (la plus importante après la Grande Scène) en raison d’une énième frasque de l’intéressé (un avion loupé selon les organisateurs). Une bien bonne nouvelle pour The
Departure, tout heureux de pouvoir s’exprimer devant une foule compacte, son chanteur ne loupant pas l’occasion de « chambrer » le junkie à la tête de bébé…
Baby Shambles
Un choix cornélien me faisait hésiter ensuite entre les Baby Shambles, enfin arrivés à bon port,
et les lourdauds Saïan Supa Crew, venus honorer (sic) leur public blanc. Grâce à la pinte de blonde gentiment offerte par un fan de Franz Ferdinand, je ne tardais pas à
oublier définitivement les MCs Frenchies pour me concentrer sur le concert des sous-Clash (ndr : le groupe est produit par Mick Jones)…
« Fuck (Forever) French Hip-Hop ! » pensais-je alors, l’esprit embrumé
par le rock poisseux de ces Anglais arrivistes et faussement trash (merci aux adolescentes hystériques aperçues également au concert de Marilyn Manson à Bercy). 50 minutes plus tard se
terminait enfin un concert de pacotille à rayer des tablettes. « Punk sucks ! » pouvait-on se dire après cette mascarade remarquablement
orchestrée par l’ami Doherty… Des photos dans Gala et Voici à
prévoir ?
La venue de Leslie Feist tombait à pic pour contrebalancer l’horreur
sonore entendue précédemment. Certes un peu petite sur une scène de cette envergure, la Canadienne émigrée à Paris allait rapidement convaincre son assistance par un « best of » de
Let it Die (Universal / 2004) et une sympathique reprise de Nina Simone (See Line
Woman). Une prestation close par le magique et envoûtant Mushaboom…
Le temps de boire une (deux ? trois ? qu… ?) – hips ! – autre(s) pinte(s) que pétait déjà la power-pop
survitaminée de Dave Grohl, ex-batteur d’un groupe culte (Nirvana) reconverti en porte-drapeau d’un rock FM par moment (par moment
seulement) intéressant, les Foo Fighters. Mais celui en qui on pouvait voir un possible successeur de Kurt Cobain allait s’avérer rapidement lassant
(voire navrant). Crachant ses morceaux (mais pas que ça) à la face de son monde, l’Américain devait servir une belle boulimie sonore.
Robert Plant
Pas le cas de Robert Plant, mythique leader de Led Zep’, alerte comme un
trentenaire malgré ses 57 ans et visiblement ravi de jouer ses nouvelles compositions (tirées de Mighty Rearranger) et quelques
« classiques » devant un parterre de Franciliens et de Provinciaux plutôt réceptifs. Pas mal, rien que pour le rappel : un Whole Lotta Love d'anthologie…
Franz Ferdinand
Le show final devait revenir à Franz Ferdinand, certainement le groupe le plus excitant sur scène
de ces deux dernières années, venu présenter en avant-première quelques titres de leur second – et réussi – long format You Could Have It So Much
Better (This Boy, Do You Want To…), en plus des inévitables perles du premier album (Take Me Out, etc.).
Une
récompense méritée pour les quatre garçons Ecossais dans le vent, et pour une troisième édition de Rock en Seine ambitieuse bien que consensuelle. A
l’année prochaine !
Plus d’infos : www.rockenseine.com
« Chaque journée est un élan qui traverse l’histoire. »
Tout le monde attendait les Canadiens d’Arcade Fire, à l’origine d’un des plus beaux albums de l’année : Funeral (Rough Trade). Sans oublier de jouer les titres phares de leur premier long format (Neighborhood #1, #2 et #3, Rebellions et surtout le merveilleux morceau d’ouverture Wake Up, dont se sert actuellement U2 dans sa tournée mondiale) Win Butler (petit-fils de l’inventeur de la pédale steel) et la francophone Régine Chassagne ne tardaient pas à combler de bonheur les amateurs de pop symphonique et barrée. Une musique envoûtante et baroque qui prend toute sa force sur scène, un peu comme si les B-52’s croisaient le fer avec les Talking Heads et The Polyphonic Spree. Sortant des sentiers battus, aussi bien musicalement (formation classique basse-guitare-batterie accompagnée par deux violons, un accordéon, un clavier et des percussions) que scéniquement (des poses décalées – casque sur la tête –, des musiciens interchangeables, une raideur apparente), Arcade Fire réussissait son coup sans toutefois provoquer le raz-de-marée attendu.
Le temps de boire une mousse à 5 euros (!), et voilà le gros de la foule repartie sur la Grande Scène assister à la prestation des Queens of the Stone Age. Alors qu’on s’attendait à une déferlante de métal et de grosses guitares saturées, Josh Homme, raide comme un piquet à cause d’un genou récalcitrant, démontrait sans mal ses talent de guitariste et d’interprète, jonglant avec les tubes (No One Knows, le récent Little Sister), ses fameuses Desert Sessions (I Wanna Make It Wit Chu, entre autres) et des titres bien plus furieux.
Juste le temps de voir quelques démonstrations « freestyle » des excellents Jurassic 5, formation de 4 MCs aguerris et de 2 DJs habiles (Nu-Mark en l’occurrence, Cut Chemist étant absent des débats) – heureux de voir des petits Frenchies s’éclater sur leur son funky et profitant de l’occasion pour faire une diatribe anti-Bush (Freedom) –, que déjà retentissait l’appel du large…
Le chant des sirènes entonné par Frank Black et sa bande (Joey Santiago, David Lovering et Kim Deal) n’eût malheureusement pas l’effet escompté, malgré quelques perles tirées de leurs albums Surfer Rosa (1988), Doolittle (1989) & Trompe Le Monde (1991). Entre un Frank Black bouffi (par l’alcool ?) vociférant avec peine et une Kim Deal tirant nonchalamment sur sa clope, on ne pas peut dire que le groupe débordait d’enthousiasme ! Le public bien présent ne boudait pourtant pas son plaisir, reprenant en chœur les grands morceaux du combo (Monkey Gone to Heaven, Where is my Mind?, etc.). Pas convaincu, je décidais d’aller voir le frenchy Vitalic, deux ans après sa prestation moyenne de Welcome To The Rave.
Au milieu de ce live très proche d’un DJ-set, on devait reconnaître quelques titres du récent OK Cowboy (dont l’inusable La Rock 01), avant que Pascal Arbez ne parte dans d’étonnantes pérégrinations : de nouveaux titres, dont un reprenant la base du Suicide Commando de DJ Hell (lui-même issu du groupe germanique No More). Les plus jeunes n’allaient, en tout cas, pas être déçus par le Dijonnais de Gigolo, manifestant bruyamment leur plaisir de vivre cet instant de communion électronique.
Le ridicule ne tue pas, certes. Mais aller chercher une citation (en l’occurrence du regretté Jim Morrison) sur Internet pour se la jouer rebelle, il n’y a guère que les politiques pour faire ça ! Jack Lang n’a plus le monopole de la démagogie : Jean-Paul Huchon (ndr : actuel Président du Conseil Régional d’Ile-de-France et proche d’un certain Lionel Jospin…) est désormais lui aussi dans la place (publique). On le remerciera néanmoins d’avoir crevé le budget culture de la région pour organiser un tel événement…
Du rock, on allait beaucoup en entendre durant ces deux jours, mais c’est le hip-hop « burné » de Fort Minor, formation du MC de Linkin’ Park qui devait accueillir jeudi sur les coups de 16h la plupart des festivaliers. Moins « surproduite » que la musique du groupe précité, le rap de Mike Shinoda et sa bande s’avérait au final assez efficace mais un peu lourdingue.
Arcade Fire
Le corps et l’âme chargés de bonnes vibrations, l’heure était aux popeux de Hot Hot Heat, auteurs de quelques tubes dansants qui se ressemblent tous un peu mais filent la patate. Une scène Canadienne qui se porte décidément très bien, entre les artistes du label Constellation, la bande à Gonzales expatriée en Europe (dont fait partie Feist, présente le lendemain sur la Scène de la Cascade) et les producteurs de musique électronique (Mathew Jonson, etc.)…
Queens Of The Stone Age
Jurassic 5
Pixies
Vitalic
Quelques heures d’un sommeil écourté allaient ensuite être nécessaires pour profiter de l’affiche éclectique du lendemain (Robert Plant, Amp Fiddler, Feist, Baby Shambles, Goldfrapp, Franz Ferdinand…).
Le cadre agréable du Trabendo accueillait ce samedi soir la dernière affiche du festival Factory, dédié au jazz et à ses dérivés. Il y avait de quoi fantasmer, puisque Carl Craig était annoncé en formation live, sous le nom de « Tres Demented », énième pseudonyme – déjà utilisé en 2003 pour un maxi d’anthologie co-produit par Laurent Garnier – d’un artiste schizophrène et génial. L’affaire avait de quoi intriguer ; car était également programmée, pour son tout premier concert, la formation française Château Flight, duo composé de Gilb’r et I:Cube…
Chargée de (p)réparer les consciences, Miss’Ill dégainait les galettes devant un public détendu : reggae, ragga, dub, hip hop, breaks… Une sélection éclectique mixée avec talent et entrain. Malgré son jeune âge, ce DJ (le terme djette me semblant trop réducteur) possède une solide culture musicale. Doublée d’une technique somme toute très correcte… Bref, un warm-up tout à fait sympathique.
Vers 21h30 débarquaient enfin les deux compères du label Versatile, accompagnés pour l’occasion de… Bertrand Burgalat aux claviers et Marie Daulne (Zap Mama) au chant. Puis, un peu plus tard, des deux rappeurs de La Caution, avec qui ils ont collaboré l’espace d’un album. De sacrés guests, n’est-ce pas ? L’occasion pour nous d’écouter une version live et remixée de Camping Jazz, extrait de leur premier LP Puzzle, de découvrir des titres inédits du prochain The Meal, et de se délecter de quelques pièces d’électronique atmosphérique, superbement mises en valeur par la voix puissante de la belgo-zaïroise et le jeu délicat du boss de Tricatel. Mention spéciale aux beatboxes communicatifs de la talentueuse Marie Daulne, qui fêtait ce soir-là ses 2 x 20 ans. Happy Birthday !
Miss’Ill à nouveau dans le mix pour assurer la transition (avec un zeste d’électro, cette fois : l’incontournable Monsterbaze de Steve Bug et DJ T. pour ne pas le citer), et débarquait sur la scène l’un des maîtres de la techno de Detroit, 2ème génération, probablement son meilleur représentant : Carl Craig, alias 69, Paperclip People ou encore Innerzone Orchestra. Pas seul, lui non plus, car aidé dans sa démarche par deux batteries, un clavier et une flûte traversière. Pour un résultat surprenant… et explosif.
Loin des plages évanescentes du chef d’œuvre More Songs About Food and Revolutionary Art, des délires de Throw ou de la beauté sombre de Desire, C2 et ses compères allaient délivrer, contre toute attente, un festival de beats, jouissifs et compulsifs. On eut beau reconnaître un moment la rythmique si particulière de Throw, c’est à 60 minutes de transe vaudoue, dédiée aux esprits positifs du jazz, de la soul et de la techno, que devaient nous convier les américains. Carl Craig demandant lui-même à la foule d’accompagner ces esprits… Le flûtiste et le claviériste, très cools, en faisaient de même, nageant admirablement dans l’espace de liberté offert par la programmation.
Il faut dire que Tres Demented est une véritable machine à danser, une créature hybride héritée d’une simple équation musicale afro-américaine, qui veut que le corps soit toujours lié à l’esprit. Tels ces cris primaux, lâchés maladroitement mais salutairement par notre protagoniste…
Big Up, Mr. Craig ! Et mille mercis d’avoir laissé cette bête de studio s’exprimer.
Plus d'infos : www.festival-ile-de-france.com
Paname, une ville rêvée pour les Américains. Surtout en ces temps de crise… Et ce n’est pas cette seconde nuit de Villette Numérique qui irait contredire ce constat. En témoignent les nombreux « Paris is in the house! » formulés par les DJ’s CX Kidtronik ou Evil E. tout au long de leur set, précédant puis accompagnant le show du quadra Kool Keith. Membre du collectif Sound Ink, le premier (rasé avec une crête de couleur) a permis à un public de connaisseurs (moins « poseur » que la veille), de réentendre de vieux classiques du rap et de l’électro-funk, comme Public Enemy, Herbie Hancock, et le fameux Superfreak de Rick James (R.I.P.).
Old-school indeed. Comme la prestation du turntablist Evil E., membre du Possee de Kool Keith : passe-passe infernal, scratches avec le nez (et sans les mains), etc. Celui-ci amuse un peu la galerie, en bon artiste d’outre-Atlantique qui se respecte, et voici que débarque (avec un peu de retard), l’ex-leader des Ultramagnetic MC’s, fameux combo hip-hop des années 80/90. Alors que l’on s’attendait à une tenue de scène originale, Keith Matthew Thornton de son vrai nom (ou « Black Elvis », ou « Dr. Dooom »), débarque en costard, une casquette rivée sur le crâne. Dommage, cela manque d’originalité surtout venant du gugusse, soi-disant interné plusieurs fois, et connu pour ses frasques. Pas trop grave, l’énergie déployée sur scène est suffisante pour mobiliser une bonne partie de l’assistance, alors que le Californien Otto Von Schirach démarre son live.
Changement de ton, changement d’ambiance, Otto hurle et vocifère des paroles incompréhensibles, limite gothiques, sur des beats crades et déstructurés qui ne dépareilleraient pas dans un set de Squarepusher ou Aphex Twin. Moins noisy que le premier mais plus barré que le second (certains titres de son dernier album se nomment Laptops & Martinis ou Vomitar), ce bon vivant à la graisse redondante ne se pose pas de questions. Le bide à l’air et une perruque orange sur la tête, Otto Von Schirach ferait un malheur auprès des enfants du Noël de l’Elysée. Avec un nom pareil, Jacques ne devrait pas tarder à s’y intéresser… La palme du n’importe quoi d’un festival décidément très éclectique !
Après ce passage hardcore, le rendez-vous est pris avec Whitey, que l’on imaginait davantage sur des laptops qu’en formation guitares+basse+batterie. Un clavier et une programmation électronique viennent rappeler qu’on a affaire là à un son en phase avec son époque. Hype, peut-être, mais aussi efficaces que les remixes effectués par Nathan Wannacot, son leader, pour Kylie, Soulwax ou Chromeo. Un bon groupe de scène, qui se fait plaisir…
En parlant de scène, la principale accueille après Kool Keith un autre américain, virtuose des platines et apôtre des mélanges musicaux, l’excellent DJ Spinna. Avec son casque à l’ancienne (qui se tient à la main et se cale entre l’épaule et l’oreille), le new-yorkais passe allègrement par tous les styles, du hip-hop festif de De La Soul à la deep house, en passant par la techno de Detroit et même la pop avant-gardiste de Talking Heads. Une grande leçon de mix faite là par l’Américain. Et sur CD’s, s’il vous plait ! Comme le vétéran Nicky Siano un peu plus tard…
On se dépêche pour écouter 2/3 morceaux de Seelenluft, formation électro-pop sympathique emmenée par Beat Solèr. Les suisses réussissent rapidement à conquérir l'assistance, leur musique est mélodique et plaisante, mais les déhanchés de la chanteuse (à la voix délicieusement voilée) y sont peut-être aussi pour quelque chose. Une des seules filles du festival, quel dommage… Whitey et Seelenluft sont en tout cas des formations à suivre.
Bizarrement, le clou de cette soirée viendra des Puppetmastaz, qui reprend le flambeau du Muppet Show. Derrière ce projet pour le moins risqué se cachent de mystérieux producteurs allemands (on parle de Gonzales et sa bande), qui ont su marier concept original et musique festive. Les MC’s n’ont qu’à bien se tenir, Mr. Maloke et sa bande déchirent tout ! C’est fun et marrant - bluffant même -, un spectacle complet à voir et à revoir. Surtout pour le vrai-faux concours de MC’s… The Puppetmastaz : 10/10 !
On délaisse avec une larme à l’œil ce crew surréaliste pour le mix acid/breakbeat/techno de Cylob, l’une des meilleures recrues de Richard D. James au sein du label Rephlex, mais les sons triturés du britannique ne recueillent que peu d’engouement de la salle. Dommage… Un petit détour par le Bar pour retrouver ses esprits, et l’on rejoint avec plaisir la salle où officie le collectif Eskimo.
Après le français Jackson, auteur de l’excellent (et déjà culte) maxi Utopia l’an dernier, une des deux têtes pensantes du duo Headman prend la relève pour un mix énergique, « clubby », dans lequel il mêle sons électro et rythmiques techno, house ou rock. Imparable. Un set cousu main pour ce fan de Larry Levan, auteur du très bon It Rough (devenu un énorme tube underground dans les mains des Chickens Lips) en 2003.
Ce soir, nos oreilles en ont pour leur argent, contrairement à la veille où étaient attendues de véritables stars du cachetonnage comme Felix da Housecat ou Soulwax…
La plus petite salle du festival vibre ce samedi soir sous les étranges coups de boutoir minimalistes d’un tandem peu conventionnel. Il faut dire qu’aux manettes, on retrouve M. Sayyid et High Priest, duo anciennement trio avec Beans sous le nom d’Antipop Consortium. Leur album à paraître prochainement chez Ninja Tune devrait faire parler de lui, mais c’est sur scène que ces deux gaillards s’éclatent, avec leur mélange de hip-hop expérimental, d’électronique futuriste et de dancehall que les journalistes anglais appellent « grime » ou « eskibeat ». Auparavant, Team Shadetek et Heat Sensor faisaient aussi la demonstration de la vitalité du nouveau son anglais. Un peu réchauffé mais suffisamment frais pour s’y intéresser.
Les Glimmer Twins, belges comme les 2 Many Dj’s, avaient l’honneur de clôturer la nuit sur la grande scène, avec leur amalgame de house old-school et de techno mixé à quatre mains. Mais à l’inverse des frères Dewaele, issus du rock, David & Mo ont fait leurs armes dans le hip-hop.
Juste avant eux se produisait l’un des ténors de la scène house américaine, ancien complice de Ron Trent au sein de KMS Records, Chez Damier. Pas facile pour un producteur de cette envergure (quoique en retrait depuis le début des années 2000), de contenter un parterre de danseurs si hétéroclite. Cet apôtre de la deep spirituelle se resignait donc à jouer un peu plus « hard », tout en gardant une certaine philosophie… Moins festif que DJ Spinna, mais peut-être plus « moderne » que Nicky Siano, qui allait marquer pour moi la fin de ce rendez-vous automnal à la Villette.
50 balais, l’ancien résident du Studio 54 à New York, mais toujours l'envie de s’éclater et de partager. Moins flamboyant que François K mais tout aussi touchant, cet Américain a lancé les carrières de Frankie Knuckles et Larry Levan, commencé le Djing à 17 ans dans la discothèque de son frère (The Gallery), et tenu une place importante dans le disco et la lutte contre le Sida. Un grand monsieur, malheureusement moins en phase avec la musique d’aujourd’hui. C’est donc à un set house sans surprise auquel nous devions assister juste avant de rentrer se coucher. Le dernier classique du 20ème siècle, Jaguar de DJ Rolando, et ces Nuits prenaient fin…
A dans 2 ans !
Plus d'infos : www.villette-numerique.com
Inutile de revenir sur les performances hallucinées de TV On The Radio ou de Tuxedomoon, largement commentées dans la presse spécialisée. Ni sur l’incroyable pêche de Spektrum, formation découverte dans la fournaise de Benicàssim. En revanche, il convenait de rendre hommage à l’éclectisme de la programmation de ce vendredi, en marge des têtes d’affiche Soulwax et Felix da Housecat.
Alors que les premiers dévoilaient de larges extraits de leur récent Any Minute Now, le second délivrait quasiment le même set que cet été en ouverture du FIB : rengaines électroclash, remixes en béton et rythmiques 4/4 immuables. Bref, pas grand chose de sexy à se mettre sous la dent.
Si sur disque le remix par Soulwax du Rocket Ride du DJ chicagoan conjugue parfaitement fureur électrique et folie acid, ni l’éponyme Any Minute Now, ni la bombe NY Excuse n’ont vraiment convaincu le public, les Belges se fendant à nouveau d’un son gras, limite inaudible. Les postures scéniques des frères Dewaele ne dégageant d'ailleurs pas la même spontanéité que les Américains de TV On The Radio… Laborieux.
Il fallait en fait aller voir du côté des petites scènes pour découvrir le devenir de la musique : toujours plus funky avec Mocky, booty avec DJ Assault, urbain avec Abstrackt Keal Agram.
Un choix cornélien devait mettre de côté Optimo et Luke Vibert, chantres respectifs de la house et de l’électro new-school, mais permettre dans le même temps de découvrir la 8 bits music acidulée de Hot Chip, programmée par le collectif « Kill The Dj » : une prestation débridée et amusante, portée par des beats disco ou hip-hop sur des sons Bontempi.
Le Canadien Mocky, auteur du fourre-tout mais génial Are+Be, n’allait pas mettre très longtemps à réchauffer le public du « Club », avec sa pop du 21ème siècle : Mickey Mouse Muthaf***, How Will I Know You ou Sweet Music, autant de tubes potentiels exécutés par ce bouffon (au sens noble du terme) des temps modernes, accompagné pour l’occasion de Taylor Savvy à la batterie et d’une chanteuse remplaçant Feist sur Just Need Time. Une vraie bête de scène, l’ami Mocky !
Une autre bête… de sexe, allait suivre, en la personne de DJ Assault, alias Craig Adams - auteur du fabuleux Off The Chains EP en 2000 -, pour une heure et demie de ghetto techno torride. Les « fuck », « bitch », « sex », « tits », « dick » et autres « shit » fusent à tout va, le DJ se transformant pour l’occasion en MC et en pur « entertainer » à l’Américaine. Scratches, passe-passe, avec Assault la technique du hip-hop est appliquée sur un tempo rapide (de 140 à 170 bpm), et ça déménage ! Epoustouflant bien qu’un peu lassant à la longue.
Avant l’électro-funk du néo-Berlinois et la booty du Bad Boy de Detroit, A.K.A. démontrait qu’on peut faire du rap français incisif et intelligent. Moins foutraque que DSL et plus expérimental que NTM, le hip-hop teinté d’électronique d’Abstrackt Keal Agram a toutes les chances de se faire connaître rapidement du grand public...
Pour conclure cette soirée, le rendez-vous était pris avec l’américain Lord Jazz, à l’aise dans les sons old-school et le chauffage de salle.
Cette première nuit de Villette Numérique était donc l’occasion de se faire une idée de la musique d’aujourd’hui et de demain, quelle qu'en soit sa couleur. Une véritable aubaine pour les curieux.
La suite ici.
Heureuse initiative que celle du bar à vins (et à chansons !) Au Limonaire et de La Compagnie Parler Debout, qui avec « On n’est pas des vedettes », donnent leur chance pour la 5ème année - et ce jusqu’au 19 septembre -, à des artistes quasi-inconnus, qui se verront peut-être programmés le même soir que Thiéfaine ou les Têtes Raides. Pour ce deuxième jour de festival, le bar parisien situé Cité Bergère, tout près de feu Le Palace, accueillait la jeune mais expérimentée Anaïs, l’amoureux du vin Gérard Pierron et un autre « quinqua » de la chanson francophone, Bernard Joyet.
Commençons par l’impertinente Anaïs et son Cheap Show. Le moins que l’on puisse dire est que son show est effectivement sans chichis (ou presque !), et dénué de tout progrès technologique. Si, un seul (et de taille) : le sampler, qu’elle manie allègrement avec le pied, saisissant ici ou là sa voix, tel un Rahzel. Différents sons, bruitages ou mélodies qu’elle réincorpore dans ses compositions sous forme de boucles. Un travail précis et original qui fait d’elle la Peaches de la chanson française ! La grâce en plus… Car si la canadienne a indéniablement du chien, Anaïs Croze a quelque chose de félin, tantôt griffeuse, tantôt câline. Ses textes inspirés, en phase avec son époque (quelle époque !), prennent toute leur dimension sur scène, et l’on prend plaisir à la voir s’égosiller quand elle parle de la naissance d’un enfant (La plus belle chose au monde). Si elle ouvre son spectacle sur une parodie hilarante de Linda Lemay (Même si la vie c’pas du foie gras), ce ne qu’est pour masquer un trac qu’elle seule ne perçoit. Vu du bar du Limonaire, en effet, Anaïs semble tellement à l’aise derrière son micro, les doigts sur sa guitare, qu’on se demande pourquoi elle ne connaît déjà pas le succès. Elle a bien essayé, pourtant, avec Opossum, mais des tensions internes ont semble-t-il eu raison de la destinée du groupe, malgré un passage au Printemps de Bourges. Qu'importe, l’aixoise d’origine alsacienne vole aujourd’hui de ses propres ailes, et, visiblement, cela lui réussit ! Même si parfois, La vie est dure… Alors, c’est peut-être pour passer le temps, qu’ Elle sort qu’avec des blacks. Enfin, sa copine… Parce qu’ils sont peut-être les mieux à même de la comprendre, elle qui commence son mini-album par une magnifique chanson sur l’infidélité (Christina), dénonçant ainsi, non sans humour, le principal défaut des hommes. Qui viendraient de Mars, dit-on… Mais avec des si, dit-elle, « on mettrait Paris en bouteille, on ferait parler les abeilles » (Rap collectif).
« Moi-je, moi-je, moi-je, moi-je… tan-tan-tan », une petite pique envoyée aux rappeurs de pacotille (et à Francis Cabrel !) et la v’là qui repart sur son thème préféré : l’amoûuuur. Celui qui fait mal (Je t’aime à en crever…) et qui rend con (Mon cœur mon amour), aussi. Probablement le meilleur moment de ce show pas si cheap, qui montre du doigt la stupidité de certains couples. « C’est tellement vrai… », soupire une partie de l’assistance, tout en regardant en douce l’écran de son portable… La vie est faite ainsi, Anaïs n’est pas une vedette… Mais ça vient !
Gérard Pierron et Bernard Joyet non plus ne sont pas des vedettes. Des années qu’ils sont dans le métier, pourtant… Passion ne rime pas avec pognon. Ce qui n’a pas empêché le premier de sortir une dizaine d’albums et de recueillir trois prix de la prestigieuse Académie Charles Cros, ni le second d’écrire pour Juliette et de sortir son premier disque… en 2002 ! Voir de tels hommes se démener comme de beaux diables pour conquérir le public, qui plus est un mercredi soir, n’est pas donné à tout le monde… Les deux s’en sont sortis avec les honneurs (« Bernard Joyet, c’était super ! », me confia une copine, n’ayant pu rester pour le spectacle de ce monsieur…).
Accompagné de Patrick Reboud à l'accordéon et de Nathalie Fortin au piano, Gérard Pierron, quant à lui, emmena le public attablé dans son univers fait d’embruns maritimes et d’effluves d'alcool. Les textes qu’il emprunte à des auteurs morts ou contemporains mettent en valeur le verbe rural de cet interprète. Ce qui sied parfaitement à l’endroit, bars à vins chaleureux caché derrière un grand boulevard, proposant au verre des nectars de très grande qualité. Comme ce Château quelque chose d’Aniane (dans l’Hérault), dont j’ai oublié le nom. Un délice, quoiqu’un peu chaud…
Mais ou en étais-je, déjà ? Ah oui, à ces chansons sur les petits vins qui ne disent pas forcément leur âge mais qui se dégustent à la bonne franquette, entre amis, l’esprit reposé et les sens en éveil…
Libéré et attentif aux soubresauts de la robe, au développement du nez et à l’éclatement des arômes, les papilles s’émerveillent, les lèvres s’entrouvrent et une douce ivresse s’installe.
Des instants de bonheur que ne peuvent pas connaître les amateurs de 8.6. Ou les possesseurs de permis de conduire… Hips ! Merci Gérard.
Plus d'infos :
www.anaisinyourface.com
www.gerard-pierron.org
www.bernardjoyet.com
L’un des charmes (?) des transports en commun, c’est bien la promiscuité. Alors, quand on utilise le métro pour se rendre à un festival, c’est assez impayable. De fringants quadras, Converse© rutilantes aux pieds, débattent des mérites comparatifs de festivals de l’été, des adolescents refont le match de la veille (« Putain, mais j’te dis que les White Stripes y’z’ont tout déchiré hier ! » « Ouais, n’empêche, tu vas voir Muse, t’t’a l’heure ! »), quand une bourgeoise de Boulogne, manifestement égarée (tailleur Chanel© et quincaillerie Vuitton© de rigueur), dévisage tout ce petit monde d’un air dégoûté.
Et notamment ces quelques jeunes gens au look militaire, un « styliste » manifestement peu inspiré ayant pompé sans vergogne la tenue camouflage de l’armée de terre pour la collection Bellamy© printemps / été 2004. Quand les wagons se vident station Pont de Saint-Cloud, cela saute particulièrement aux yeux : la grande majorité des spectateurs du jour est venue acclamer le groupe prog-rock du moment, l’omniprésente formation Muse.
Alors, bien sûr, tous ou presque se tamponnent de Kaolin (à raison ?), tout impatients qu’ils sont d’aller dévaliser les stands de merchandising, pour y trouver d’improbables goodies qu’ils n’ont pas encore. Las, la plupart des « échoppes » ont-elles, semble-t-il, déjà refourgué l’ensemble de l’affreuse camelote… Dès lors, malgré la déception, visible, tous ces fans commencent-ils enfin à profiter des différents stands, de l’expo photo de Claude Gassian, boivent-ils quelques mousses (à noter que Rock en Seine est la seule manifestation estivale où « s’enquiller » des pintes revient plus cher que l’équivalent en demis !!!), tentent-ils de bouffer quelque chose de pas trop cher (quasi-impossible !!!), voire assistent-t-ils aux autres concerts programmés ce samedi…
L’affiche, déjà plus faible à l’origine que celle de la veille, pâtit en plus de la défection de dernière minute du Black Rebel Motorcycle Club, qui s’est fait porter pâle. Du coup, quand s’abat une « saucée » de derrière les fagots avant le concert de Nosfell (Hoggboy ayant été déplacé en toute fin de festival), on n’est pas loin de rebrousser chemin, pour s’en aller suivre chez soi, bien au sec, les derniers soubresauts de la XXVIIIème Olympiade.
On se raccroche à l’éventuelle perspective d’une renvoi d’ascenseur Sirkisien (?) durant le set de l’appelée de dernière minute Auf der Maur (!!!), à celle de voir un Bayon (Libé) déchaîné devant ses « chéris » d’Hoggboy, mais surtout à celle d’assister au concert des Radio 4.
Têtes hautes (Heads High), comme le dit le tube de Mr Vegas, nous partons découvrir le jamaïcain, dont le dynamisme ne manque pas d’enflammer les jeunes toubabs français, ravis de découvrir là une alternative au célèbre Bob ou aux incontournables Tryo. Son raggamuffin parfumé de reggae et de calypso fait plaisir à voir, son discours « peace & love » ne manquant pas évidemment de recueillir des doigts levés dans l’assistance. Cool, man !
On aura « dégusté », juste avant, les élucubrations « klokobetziennes » (d’inspiration « kobaiennes » ?) de Nosfell, le p’tit protégé de Garance Productions, et surtout la malice de Buck 65, délaissé par ses partenaires de tournée, occupant la scène principale comme un grand, en composant un personnage irrésistible, désinvolte comme il faut.
No One Knows, sa reprise « hip-hopisée » des Queens Of The Stone Age, recueillera tous les suffrages, et c’est donc un public relativement chaud qui pouvait applaudir l’entrée sur scène de Radio 4, une fois « l’encombrant » matériel du canadien fantasque replié, c’est-à-dire une platine vinyle (et un seul disque pour l’ensemble des scratches proposés !)… et une platine CD (contenant la bande-son du concert) !
Les new-yorkais auront davantage mis les roadies à contribution, en se présentant à cinq sur les planches, avec un jeu de percussions occupant une bonne partie de l’espace scénique. Ils en feront d’ailleurs bon usage, proposant un set enlevé, assez dansant, dans lequel on retiendra surtout les compositions des deux premiers albums (The New Song and Dance et Gotham!); le petit dernier, Stealing Of A Nation, sur lequel nous reviendrons bientôt, ne semblant pas disposer d’autant de perles « post-punk ». On avouera quand même avoir un petit faible pour Party Crashers, son affolant premier single, mix parfait de The House Of Jealous Lovers (The Rapture) et de Dance To The Underground, « hymne » du groupe d’ailleurs exécuté en rappel.
50’ plus tard, on tentait une petite escapade vers Zero 7, avant de refluer bien vite vers la Grande Scène (trop de monde), espérant se payer une bonne tranche de rigolade devant Melissa Auf Der Maur.
Que nenni ! L’ancienne bassiste de Hole et des Smashing Pumpkins (elle remplaça D’Arcy lors de la tournée d’adieu des « Citrouilles ») propose un set assez plaisant, dans des tonalités métal plutôt convaincantes.
Bien sûr, son adaptation en français de Taste You (« Viens vers moi, branche-toi, Et je vais t'avaler, I will taste you » (sic)) est complètement ridicule, mais la jolie canadienne, dans une tenue de scène éclatante, est plutôt touchante, et ses interventions entre les morceaux, avec son accent québecois à couper au couteau, sympathiques.
Qui plus est, en bonne professionnelle, se met-elle tout de go le public de Muse dans la poche, déclarant qu’ « après avoir partagé une bonne partie de son périple nord-américain, elle trouvait le groupe incroyable, et qu’elle était particulièrement heureuse de jouer avant eux sur scène. » (re-sic)
On ne pourra pas vraiment confirmer ses dires, après avoir seulement « apprécié » quelques minutes du show. Un concert très professionnel semble-t-il…
Comme celui d’Archive d’ailleurs, dont on retiendra l’incroyable Again, morceau de bravoure d’une formation où vocalise toujours étonnamment Craig Walker, et qui, sur pas loin de 20’, dans un écrin idyllique (Scène de la cascade), durant une nuit de pleine lune réhaussée d’éclairages parfaits, aura envoûté l’assemblée.
Pendant la majeure partie de la performance de Matthew Bellamy et des siens (dont un petit nouveau, débauché chez The Streets), nous étions, quant à nous, avec à tout casser 150 ou 200 personnes (dont le sempiternel représentant breton, comme de coutume équipé d’un drapeau flottant au vent), au show d’Hoggboy, petites frappes une fois de plus impayables dans leurs beaux ensembles en cuir, sosies improbables du BRMC excusé.
Un bel épilogue rock’n’roll pour cette deuxième édition de Rock en Seine, dont le succès public est indéniable : 48 000 spectateurs en tout sur 2 jours (23 000 le vendredi et 25 000 le samedi (guichets fermés)).
Reste maintenant à pérenniser sur le long terme une manifestation dont le mode de fonctionnement est quand même désarçonnant : à contrario de la plupart des festivals, le « couvre-feu » y est en effet instauré dès 23h30, pour que tout le monde puisse sagement rentrer avec les transports en commun.
Une question est vraiment sur toutes les lèvres : à quand un camping à Rock en Seine ?
Ecrit en collaboration avec Jérôme Crépieux (jerome@foutraque.com).
Plus d'infos : www.rockenseine.com
Homos, bobos, prolos, minots, vieux beaux, affreux jojos et autres animaux s’étaient donné rendez-vous ce dernier dimanche d’août dans le Parc de la Villette, pour la seconde partie du festival feed back, manifestation diurne à l’initiative d’un célèbre fabricant de jeans espagnol.
On avait hâte de revoir ce groupe dont tout le monde parle depuis des mois, qui n’a que quelques maxis à son effectif, mais dont le leader s’est fait un nom sur la scène rock mondiale. James Murphy et son groupe LCD Soundsystem viendraient donc ensoleiller cet après-midi grisâtre, avant que Samy Birnbach et les siens n’envahissent la petite scène soumise aux tracas du climat.
Avant les new-yorkais, L’Amour à Trois ponctuait son warm-up de galettes obscures et mythiques de Sonic Youth (aperçu l’avant-veille à Rock en Seine), DJ Assault ou encore John Lennon. Eclectique et sans frontières.
L’ultime chanson d’amour Jealous Guy allait faire place au groupe américain, déjà aperçu dans de très bonnes conditions à Benicàssim ainsi qu'à Saint-Malo. Rien de transcendant visuellement (James Murphy une main dans la poche, la petite Nancy Whang cachée derrière son clavier), mais une grosse pêche au niveau du son : électro mutante sur Losing My Edge, dance-rock avec The Beat Connection, rock’n’roll déviant sur Give It Up et punk digital pour le stupide Yeah. D’autres extraits du « debut » album à sortir viendraient en outre rassurer les aficionados du label DFA, même si on eut préféré par le passé les performances des Rapture, autrement plus démonstratives.
Après ce bref show, le collectif L’Amour à Trois (pratique sexuelle en vogue ?), malgré une pluie battante et un froid de canard dignes de la Bretagne, avait fort à faire pour contenter un public mixte venu profiter des dernières opportunités de l’été. The Undertones, Soulwax, The Gun Club, Alter Ego, The Beatles, Two Lone Swordsmen, The Stranglers, The Buff Medways ou encore Hot Hot Heat passeraient dans les mains de ces DJs, avant que ne déboulent sur scène les plus attendus du jour, Minimal Compact.
Auteurs de trois albums studio dans les années 80 (dont Deadly Weapons il y a tout juste 20 ans), les membres originels d’origine israélienne se sont reformés voici deux ans à la demande des fans : Samy Birnbach (aka DJ Morpheus) au chant, Berry Sakharof et Rami Fortis à la guitare, Malka Spigel à la basse et Max Franken à la batterie. Ce petit monde a bien survécu au raz-de-marée électronique, proposant encore aujourd’hui un beau concentré d’énergie, mélange improbable entre traditions proche-orientales et sonorités occidentales. Oscillant entre new-wave et punk-funk, avec des morceaux tels que Next One is Real, Statik Dancin’ ou Deadly Weapons... Une performance hallucinée, saluée à sa juste mesure par un public de connaisseurs.
Les vieux étaient décidément dans la place…
A l’instar d’un sexagénaire sapé comme Gainsbarre, dansant sous la pluie comme pour mieux se purger de ses excès.
Plus d'infos : www.c13.fr
Pas grand-chose à dire sur cette nuit de clôture du FIB 2004, si ce n’est que les 4 DJs programmés (Michelle Grinser du duo allemand Dakar & Grinser, James Murphy du label américain DFA et les frères Dewaele aka 2 Many DJ’s) ont réussi à tenir en éveil une foule beaucoup plus compacte que les jours précédents. Malgré le retour au bercail de milliers de festivaliers étrangers…
Beaucoup d’espagnols, donc, et quelques français, les pieds dans le sable et la tête dans les étoiles, pour assister à cette fête gratuite sur la Playa del Torreón. Un événement qui n’aurait pu avoir lieu en France... Des vendeurs de bière à la sauvette, des sauveteurs nautiques sur le qui-vive, des lumières de qualité et du gros son : pas de doute, nous sommes en Espagne ! Et peu importe la pollution engendrée par une telle soirée, la ville mobilise suffisamment de personnel pour nettoyer le moment venu…
Revenons à la musique. Pas de surprise concernant le drag-DJ Michelle Grinser, et son électro-house pointue. Une entrée en matière assez satisfaisante pour le boss de l’incontournable maison de disques new-yorkaise DFA Records, Jaaaaaaaaames Brrrrooooo, non Murphy !
Et là, surprise : alors que l’on s’attendait à un set électro-rock, le leader de LCD Soundsystem commençait avec… du disco ! Give Me Love de Cerrone, I Feel Love de Donna Summer… Aurait-il besoin d'amour comme Lorie ? Hey James, tu te crois où, au Macumba ?! Pas pote avec DJ Hell pour rien, l’américain… Afrika Bambaataa, Derrick May, Josh Wink, Daft Punk, un best-of étonnant de la dance music.
Mais comme les 2 Many « Db’s » par la suite, une manière de mixer plus proche de l’ingénieur du son que du selector lui-même, la palme du mauvais traitement revenant aux frères belges, qui n’en reviennent toujours pas de pouvoir filtrer les sons avec leur petite table de mixage. Quel massacre ! Ces erreurs de débutants n’auront pourtant pas gêné les aficionados du duo, le nouveau single de Soulwax NY Excuse retournant d'ailleurs aisément le dancefloor…
06h00 : le son s’arrête, le jour se lève. Le public manifeste un peu, puis se résigne à rentrer se coucher…
« Benicàssim, c’est fini. Et dire que c’était la ville de mon premier a… »
Ce serait bête de pas y retourner un jour…
Plus d'infos : www.fiberfib.com