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Breaks / Dub / Ska


La presse écrite a déjà fait ses choux gras de la nébuleuse Basic Channel, constellation de labels (Chain Reaction, Main Street, Maurizio...), à l'origine de la techno minimale et du fameux reggae minimaliste et hi-tech dont il est ici question.
Difficile de s'y retrouver tant la volonté de brouiller les pistes est grande chez Moritz von Oswald et Mark Ernestus, les deux producteurs allemands caché derrière le projet Rhythm & Sound. Après l'album Showcase de Paul 'Tikiman' St. Hilaire en 1998, et de multiples dub plates sorties sans la moindre promo, See Mi Yah renoue avec l'esprit roots des années 70 et met en lumière de vieilles légendes jamaïcaines et dominicaines (Joseph Cotton, Sugar Minott, Ras Donovan...), la plupart émigrées en Europe, autour d'un seul et même titre, d'une seule et même rythmique, obsédante et hypnotique.
Si l'idée peut dérouter, le résultat n'en est que plus convaincant et projette dans une nouvelle ère cette musique bien connue des amateurs de Weed. Il suffit pour s'en convaincre de constater les nombreux événements qui ont vu le jour ces dernières années en France (Jamaïcan Sunrise à Bagnols-sur-Cèze, Garance Reggae Festival à Paris ou encore Ja' Sound à Lézan). Cette musique qu'on croyait enterrée avec Bob Marley renaît grâce à la sincérité de producteurs européens passionnés, davantage soucieux de leur karma que de leurs finances.
A déguster chaudement, sous le soleil exactement.

Plus d'infos :
www.basicchannel.com


Mercredi 13 avril 2005


Fers de lance d'une techno abrasive et sans concession, Oliver Bondzio et Ramon Zenker ont marqué leur temps. Considérés par leurs pairs comme les maîtres du son « acid », les deux allemands, plus connus sous le nom de Hardfloor, ont régné sur les dancefloors européens pendant la première moitié des années 90, grâce à des titres hautement psychédéliques (Acperience, Transcript, Into The Nature…) et des remixes plus ou moins bien sentis (pour Yello, New Order ou Mory Kanté).
Ici, c’est le volet downtempo qui est exploré, sans toutefois délaisser cette dimension « druggy » qui les a fait connaître. Un son unique et reconnaissable entre mille, qui explore à nouveau les énormes possibilités de la TB 303 de chez Roland, la guitare électrique des musiques électroniques…
Parfaites pour une relaxation éveillée, les dix pièces de Lost and Found (extraites d’EPs et de LPs sortis à l’époque sur Harthouse, Eye Q et !K7), trouveront place dans vos afters de début d’après-midi.

Plus d’infos :
www.ddpnp.de / www.hardfloor.de


Lundi 15 novembre 2004


Récemment programmé au Télérama Dub Festival, Lena n’en est pas à son coup d’essai avec Floating Roots, son deuxième album pour le compte de Quatermass (Bill Laswell, Andrea Parker, Meat Beat Manifesto...), son propre label. Mathias Delplanque connaît visiblement bien son affaire. S’entourant de MC Tablloyd et Black Sifichi - également collaborateur de Black Dog -, il tisse ici un lien entre la Jamaïque et l’Allemagne, terres d’expérimentation sonore bien connues des passionnés de musique. Si comme le prétend le dossier de presse, la musique de Lena voit la collision entre Lee 'Scratch' Perry et Pole, c’est plutôt du côté des bidouilleurs Teutons qu’il faut se tourner pour comprendre la démarche de Lena, tout comme vers les Anglais de Art of Noise, pionniers d’une électronique inventive et curieuse… On pense également à Mad Professor, remixeur notoire de Massive Attack, et aussi à Gotan Projet, pour le travail sur les voix. Ce dub-là s’est en tout cas émancipé de ses glorieux aînés, et n’a rien à leur envier. Floating Roots porte bien son nom. Aquatique, véritable jungle sonore, riche et simple à la fois, un album à découvrir sans tarder.

Plus d'infos :
www.aavvrriill.com


Mercredi 6 octobre 2004


Véritable phénomène de société outre-manche, la drum'n'bass tarde à s’imposer en France.
Différents courants ont pourtant émergé depuis une dizaine d’années : ragga jungle (Shy FX, avec son titre Original Nuttah), jungle jazz (Alex Reece, Adam F, Marky & XRS), uk garage, ou 2-step (MJ Cole, So Solid Crew, The Streets), et hardstep, le versant le plus dur et « noisy » (Goldie, Dillinja, Krust, Ed Rush & Optical). Culture à part entière dans le paysage musical anglo-saxon, urbaine et « rough », la drum&bass se caractérise souvent par des productions « in your face » et néanmoins sensuelles.
C’est le cas sur ce premier album de MC Tali, découverte par Roni Size lors d’une tournée en Australie. Le producteur bristolien, qui n’a pas hésité à inviter Zack de la Rocha et Rahzel sur le dernier album de Reprazent (In The Mode, 2000), règne en effet en maître sur le genre depuis le plébiscité New Forms (1997). Cette fois, il a décidé de distiller son savoir-faire à la jeune et charmante « toasteuse » néo-zélandaise, Natalia Scott.
Si de nouvelles expériences l’avaient déjà tenté en 1999 avec Leonie Laws, sous le nom de Breakbeat Era, le boss de l’écurie Full Cycle semble prêt, à nouveau, à conquérir les charts. Deux titres sortent instantanément du lot (Lyric On My Lip et Blazin’, parfaits pour les dance floors), et le reste se consomme également sans modération, oscillant entre soul futuriste (Take A Look, Don't Blame Me), digression orientale (Soul Star) et déflagration sonore (Gonna Catch You, Pressure Release, High Hopes), le tout mis en valeur par la tchatche si particulière de Tali, aux accents épicés.
Le succès ne devrait pas tarder pour elle, du moins en Grande-Bretagne…

Plus d'infos :
www.mctali.com


Mercredi 28 avril 2004


Pionniers, avec LTJ Bukem, de ce que l’on nommait naguère l’intelligent jungle, Mark Clair et Dennis McFarlane, aka Marc Mac & Dego, ont toujours joué au chat et à la souris.
Depuis 1990, ils ne cessent de brouiller les pistes, que ce soit sous les pseudos de Tom and Jerry (normal), Jacob’s Optical Stairway, Pavel Kostiuk, Tek9 ou Nu Era pour les moins obscurs. Une pratique bien connue de l’underground électronique, que l’intelligentsia rock a fait sienne depuis…
Après un Creating Patterns légèrement en deçà de nos espérances, les gars du West London, auteurs de plusieurs albums depuis 1990 sur Reinforced et Talkin’ Loud (dont le superbe Two Pages, en 1998), et riches de collaborations prestigieuses avec Ursula Rucker et Jill Scott, se devaient de rattraper le coup sous peine de disparaître eux-aussi de la scène. Pour ce faire, un nouveau label, Raw Canvas, et une double compilation de remixes, l’exercice qui les a fait sortir de l’anonymat.
Deux cd, donc, qui regroupent les meilleures piges du duo, ainsi que des réinterprétations de leurs propres morceaux par King Britt, Jazzanova, New Sector Movements... On prend plaisir à réécouter les versions aériennes concoctées pour Nuyorican Soul, Terry Callier, Courtney Pine, GoldieFocus ou Ultra Nate. Une forme de drum’n’bass tombée en désuétude, à l’heure des Tali et autres Marky & XRS, mais toujours aussi belle et surprenante.
On regrettera simplement l'absence du Word Love de la jeune artiste britannique Rhianna, dans un style (la soul music), qui colle davantage à l’univers de 4hero, résolument nostalgique.
The Remix Album constitue néanmoins un modèle du genre, et une certaine idée du bon goût.

Plus d'infos :
www.4hero.co.uk


Lundi 26 avril 2004


- Pump Up / Deadline Remix (12")

Flore était toute jeune quand sortait en 1987 le séminal Pump Up The Volume de MARRS, premiers pas de l’acid house auprès du grand public. Cela ne l’a pas empêché de remixer malicieusement ce titre, dans un style qui a gagné ses lettres de noblesse grâce à Fatboy Slim et aux Chemical Brothers, le breakbeat (appelé aussi big beat). Certes, celui-ci a peu évolué depuis Renegade Soundwave, mais il est important de noter la fraîcheur des productions du genre par rapport à la majorité des tracks électro, qui singent le Bronx new-yorkais des années 80…
La face B Deadline Remix n’est autre qu’une retouche hard house d’un morceau de l’anglais Digital, proche du son de Chicago, dans lequel on compte les excellents Angel Alanis et Green Velvet.
Crade et progressif, l’influence de la scène free se fait sentir sur ce maxi néanmoins très accessible, qui devrait enflammer sans problème les dancefloors dans les mains expertes de sa génitrice. Un travail de précision effectué là par cette découverte du Printemps de Bourges 2003.

Full Color Breaks (CD mixé)

Les bootlegs sont légion dans le breakbeat, comme en témoigne Full Color Breaks, excellente sélection mixée par la Lyonnaise. Ses choix ne souffrent en effet d’aucune faute de goût et ne manquent pas d’originalité. Ici, les années 80 et 90 sont de subtiles réminiscences, et les samples de sympathiques fontaines de jouvence.
Prince et Michael Jackson côtoient Eminem, qui fait lui-même la nique à Missy Elliott (IV My People) et Snap. Ça sent la sueur sur le dancefloor !
L’acapella du hit des clubs At Night de Shakedown s’entrechoque avec le monstrueux Base 6 des frères chimiques, et Orbital vient rappeler que le breakbeat est essentiellement une affaire anglaise, à l’origine de la jungle et de la drum'n'bass.

A l’écoute de ces deux documents sonores, on se dit que Flore a tout pour devenir une actrice incontournable de la dance-music française (au sens noble du terme), prenant le relais d’une Sex Toy (récemment décédée) ou d’une Chloé. Une productrice et une djette prometteuse.

Plus d'infos :
www.darkfish.fr


Mardi 10 juin 2003


Deuxième album du groupe Londonien multiracial, influence majeure de Tricky et de toute la Wild Bunch de Bristol, More Specials sent bon le ska et le dub, et l’on imagine aisément la weed fumante s’échappant des studios lors de l’enregistrement.
Stereotype, long morceau en deux parties, symbolise bien la liberté revendiquée par la bande à Terry Hall. Du bon son, en somme.

Plus d’infos :
www.thespecials.com


Mercredi 19 février 2003

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