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Punk / Alternative


Ces gars-là ne sont pas nés de la dernière pluie. Andrew Weatherall, tout particulièrement, producteur de l’inégalé Screamadelica, premier album à mélanger rock et acid house. From The Double Gone Chapel semble d’ailleurs marquer un retour aux sources pour l’ingénieur du son de Primal Scream, passionné de rockabilly et de dub, responsable en 2000 d’une superbe compilation de tracks eighties oubliés (Nine O’Clock Drop, Nuphonic).
Warp Records surprend à nouveau, toujours plus exigeant. Après la pop rétro-futuriste de Broadcast, les délires breakbeat-jazz de Squarepusher, et le hip-hop avant-gardiste de Beans (ex-Antipop Consortium), le label de Sheffield exilé à Londres remet les pendules à l’heure. Un catalogue décidément fascinant… Two Lone Swordsmen (aka Andrew Weatherall et Keith Tenniswood, plus connu sous le nom de Radioactive Man) a compris la leçon, et plutôt que de proposer un ersatz de dance-rock, se propose de remettre au goût du jour les ambiances sombres des années post-punk (Suicide, Throbbing Gristle, Cabaret Voltaire, Bauhaus, Jah Wobble), sans toutefois tomber dans le plagiat.
La participation vocale de Nina Walsh (qui a déjà travaillé avec The Orb), sur Taste of our Flames est superbe, évoquant la fragilité de Martina Topley-Bird, le formidable Formica Fuego et le mélancolique Driving with my gears in reverse ne sont pas sans rappeler les hybridations de Death in Vegas, tandis que l’intro Stack Up, très Sabres of Paradise, brouille les pistes avant de faire entrer l’auditeur dans le vif du sujet avec Faux, premier (faux) single inquiétant à la rythmique imparable. On pourrait croire aux Pixies, sous GHB, sur les lancinants The Lurch et Damp, mais les deux hommes (Weatherall au chant, Tenniswood à la guitare et à la basse) n’en ont cure, se risquant plutôt à une reprise (bien sentie) du Gun Club, Sex Beat.
Déjà un classique, comme un film en noir et blanc diffusé à une heure tardive...
Froidement recommandé.

Plus d'infos :
www.twoloneswordsmen.com


Dimanche 23 mai 2004


Un grand merci, tout d'abord, au leader des Queens Of The Stone Age, Josh Homme, d’avoir invité sur ce projet la déesse anglaise, de plus en plus rare sur nos platines malgré de nombreuses collaborations (Sparklehorse, Giant Sand, Gordon Gano et bientôt Marianne Faithfull) : PJ Harvey, qui confiait récemment que son nouvel album serait « plus laid », illumine en effet de son talent le cinquième volet de cette série initialement indépendante.
Enregistrées en 8 jours à Joshua Tree, ces jams auront permis à des musiciens d’horizons différents (pop, métal, indus, garage), de se rencontrer et d’enregistrer en toute liberté. Car ici, c’est d’abord l’amitié qu’on célèbre. Autour d’une bonne bière ou d’un « blunt », chaque protagoniste se livre à son art sans la moindre contrainte.
Que ce soit le rock incandescent de Crawl home (proche de To bring you my love) et A girl like me, l’ambient-punk There will never be a better time à la guitare flamenca, ou le bizarroïde Powdered pig machine aux sons électroniques distordus, PJ squatte une nouvelle fois le devant de la scène, aux côtés de vieux singes tels que Twiggy Ramirez (ex-Marilyn Manson), Chris Goss (Masters of Reality) ou Dean Ween (Ween).
A noter également, les délires propres au studio Rancho de la Luna (Sheperd’s Pie, et Creosote, rappelant Dueling Banjo du film Délivrance), ainsi que deux titres résolument tournés vers le grand public (I wanna make it wit chu, et surtout In my head… or something). Alors, pourquoi s’en priver ?

Plus d'infos :
www.desertsessions.com


Mercredi 12 mai 2004


Le plus connu (trash ?) des groupes punk d'outre-manche, dans un best of qui regroupe les mémorables Anarchy In The UK et God Save The Queen, ainsi que le monstrueux My Way, massacré par Sid Vicious. Quant au reste, il faut ne pas être allergique aux accords primaires...
Le son est pourri mais l'énergie bien présente, n'est-ce pas là l'essentiel ?
John Lydon, alias Johnny Rotten, parti fondé PIL (This is not a Love Song) avec Jah Wobble, et qui collabora un temps avec Leftfield, gaspille actuellement la sienne dans une émission britannique de télé-réalité... Shocking !

Plus d'infos :
www.sex-pistols.co.uk


Vendredi 30 janvier 2004


Son show ultra-obscène en première partie des récents concerts de Björk à Bercy fit grand bruit. Il en avait dérouté plus d’un, tout du moins, car Peaches n’est pas du genre à rigoler, elle n’en a rien à foutre* du qu’en dira-t-on (I Don’t Give A...), même si l’on a pu la sentir froissée par l’accueil glacial que lui avait réservé un public parisien décidément très difficile… Et pour cause, les titres présentés annonçaient ce Fatherfucker vicieux et subversif, suite logique des préceptes énoncés dans son premier album The Teaches Of Peaches. C’est qu’elle a des couilles**, cette gonzesse ! Sid Vicious n’est pas mort, il s’est juste fait opérer.
Côté production, Fatherfucker met une grosse claque d’entrée avec ses beats (mot anglais à ne pas confondre...) ravageurs et ses paroles sexuellement explicites ("I don’t have to make the choice, I like girls and I like boys" sur I U She).
La reine du mauvais goût enfonce le clou. Toujours plus crade et provocatrice, toujours plus décadente, la canadienne émigrée à Berlin produit un album homogène et original, qui voit la participation exceptionnelle de l’iguane Iggy Pop, sur un Kick It primaire et jouissif. Search and Destroy !
La copine de Gonzales est bien placée pour créer la surprise en cette rentrée 2003, à l’heure où les apprentis de la Star Academy risquent de monopoliser l’attention avec un recyclage navrant de La Bamba...
De son côté, Familles de France va peut-être mal comprendre le salace Shake Yer Dix, qui demande explicitement aux garçons de remuer leurs queues*** et aux filles de remuer leurs nibards (tits). Stuff Me Up en duo avec Taylor Savvy, autre déconneur de Kitty-Yo, la joue plus cool, mais possède un caractère libidineux tout aussi prononcé.
Sur Rock ’N’ Roll, on imagine ce que pouvait être le son de son groupe à Toronto, Fancypants Hoodlum. A l’aise dans les mots, "la pêche" n’a pas choisi Fatherfucker par hasard. Une manière comme une autre de défendre un féminisme à tout épreuve.
Bref, Merrill Nisker (de son vrai nom) est la bad girl que toutes les mauvaises filles en devenir voudraient être (formule empruntée à Rolling Stone). Britney Spears lui a même demandé son aide, mais seule Pink semble avoir attiré son intérêt... Les brunes comptent pas pour des prunes, n’est-ce pas ?
Et puis merde****, achetez-le cet album, vous verrez bien !

*faire
**arguments
***verges
****zut

Plus d'infos, fatherfuckers ? 
www.peachesrocks.com


Mercredi 3 septembre 2003


« La Mano » a marqué son époque, à l’instar de Bérurier Noir ou des Négresses Vertes. Cet album, le troisième du combo punk Français, évoque insensiblement un âge d’or du rock alternatif, concrétisé notamment en 1991 (à Béziers) par le festival gratuit Furia, qui avait vu la Mano Negra au top de sa forme. Manu Chao, la quarantaine aujourd’hui, déchaînait déjà les foules dans un style beaucoup plus percutant, faisant référence à la chanson française d’avant-guerre, à la fanfare et au ska.

Plus d’infos : www.manuchao.net/pasado/mano_negra_fr.php


Lundi 7 avril 2003


Un monument du rock, singé par 'Weird Al' Yankovic et son Smells Like Nirvana, preuve du raz-de-marée provoqué à l’époque Vendu à des millions d’exemplaires à travers le monde, cet album a consacré Kurt Cobain songwriter de la décennie et élevé le combo de Seattle au rang de groupe culte. Nul besoin de revenir sur les différents tubes de Nevermind (Come As You Are, Lithium, etc.), si ce n’est mentionner le nom du morceau caché : Endless, Nameless.
Le dernier testament punk du 20ème siècle.

Plus d'infos :
www.nirvana-music.com


Vendredi 4 avril 2003


Préfigurant la chute du Mur de Berlin et la réunification allemande, African Reggae s’inscrit assez curieusement dans la mouvance No Wave de la fin des années 70, incorporant des éléments reggae et disco dans une musique jusque là assez hermétique.
Herrmann hiess er, avec sa guitare hard rock et son break monstrueux ponctué par la voix vocodérisée de Nina Hagen, fait figure d’objet sonore non identifié, et Alptraum pourrait tout aussi bien sortir de la trilogie berlinoise de David Bowie.
Pas encore débarrassée du communisme mais déjà émancipée, Nina Hagen hurle sa liberté à la face du monde.

Plus d'infos :
www.ninahagen.com


Vendredi 4 avril 2003


Disponible en vinyle (10"/25 cm - 9 titres seulement) à sa sortie (1980), cette compilation de faces B, raretés et inédits des Clash est un bonheur pour tout amateur du combo.
Plus de 20 ans après, les versions instrumentales de Rock The Casbah (Mustapha Dance) et The Magnificent Seven (The Magnificent Dance) n’ont pas pris une ride, et demeurent tout bonnement indispensables.
Comme les essais concluants de reggae-dub et de rock’n’roll noisy...
Du très bon son, tout au long de ces 21 plages remasterisées, qui rendaient sans le savoir, avant l’heure, un vibrant hommage au talent de Joe Strummer, le "guitar-héraut" des années punk.

Plus d'infos :
www.theclashonline.com


Lundi 17 mars 2003

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