(couverture non actualisée)
Le livre de John Densmore, ex-batteur des Doors et témoin privilégié de « l'aventure » hippie, vient enfin d'être traduit en Français. Malheureusement, le titre aussi a été traduit : Riders on the Storm* est ainsi devenu Les cavaliers de l’orage avant d’être changé en Le vaisseau de cristal, plus poétique dans la langue de Molière…
Densmore, né en 1945, a été un témoin attentif des révolutions musicales de ce siècle (Bob Marley et son reggae ont été, selon lui, les héros des années 70), et bien sûr, des bouleversements des années 60, celles qui ont vu la pop Anglaise (Beatles, Rolling Stones, Who…) déboulonner un Rat Pack (Frank Sinatra, Sammy Davis Jr., Dean Martin…) vieillissant et un King (Elvis Presley) en semi-retraite.
Plus qu’un cours de musicologie, le partenaire de Krieger et Manzarek parle de sa passion pour le jazz et Elvin Jones (le batteur de John Coltrane) en particulier. Cette fameuse influence qui aura fait de lui le partenaire idéal des improvisations théâtrales de Morrison… Visiblement aigri mais réconcilié avec son passé, le Californien s’adresse au fil des pages à son pote Jim, dont le fantôme continue de le hanter 20 ans après (la première publication du livre date de 1990). Le poète chanteur était-il fou à lier ? John Densmore semble l’affirmer haut et fort, anecdotes à l’appui.
Alors, que reste-t-il de leurs amours ? Probablement l’histoire trop brève de potes ayant un goût prononcé pour les arts. La vie et la mort d’un carré magique.
*Riders on the Storm: My Life with Jim Morrison and The Doors
Plus d’infos : www.camionblanc.com
Super Size Me, Bob !
Une fois n’est pas coutume, signalons une opération commerciale sympathique qui allie (enfin,
alliait…) (mal)bouffe et musique. En partenariat avec les Majors du disque, McDonald’s propose un DVD à 2,95€ pour tout achat d'un
menu : la semaine dernière, on pouvait opter entre Kyo (dont la rumeur annonce un fin imminente) et Bob Marley, donc. Il y a des choix
plus difficiles dans la vie…
Ce Live at the Rainbow Theatre, capté à Londres le 4
juin 1977 et bénéficiant en bonus d’une visite du mausalée de Nine Mile, est un monument de la reggae music. Même si tout le monde
connaît déjà les classiques Exodus, No Woman, No Cry et I Shot
The Sheriff, par ses rythmes chaloupés, l’engagement et le talent de ses protagonistes (mention spéciale à l’émouvant Crazy Baldhead), ce DVD demeure tout bonnement
indispensable. DTS et Dolby Digital 5.1 étant en outre au rendez-vous…
Non content de squatter les vitrines de
centaines de fast-foods, l’artiste Jamaïcain va également garnir les bacs des disquaires avec une nouvelle compilation posthume (après Legend et
One Love – The Very Best Of), qui comprendra cette fois un inédit – Slogans, très jazz selon son fils
Ziggy – enregistré en 1979 dans une chambre d’hôtel de Miami.
Un
Robert Nesta Marley plus que jamais dans l’actualité, 25 ans après sa mort. Le génie est éternel…
Tracklisting
:
1. Trenchtown Rock
2. Them Belly Full (But We Hungry)
3. I Shot The Sheriff
4. Rebel Music (3 O'Clock Roadblock)
5. Lively Up Yourself
6. Crazy Baldhead
7. War / No More Trouble
8. The Heathen
9. No Woman, No Cry
10. Jamming
11. Get Up, Stand Up
12. Exodus
Africa Unite: The Singles Collection (Island / Universal) :
sortie le 8 novembre.
Plus d’infos : www.bobmarley.com
« L’énigme Morrison enfin décryptée »
Derrière ce sous-titre racoleur de l’éditeur se cache une vraie mine d’informations pour le fan lambda ou le passionné de contre-culture. Le livre de Stephen Davis, biographe américain ayant déjà étudié les parcours des Rolling Stones, Led Zeppelin et Bob Marley, sera peut-être le dernier d’une longue série consacrée à l'éternel leader des Doors.
On pensait tout connaître du mythe dionysien, grâce aux bouquins de ses ex-musiciens Ray Manzarek (Les Doors, la véritable histoire) et John Densmore (Riders on the Storm), de son photographe Frank Lisciandro (Un festin entre amis), de son manager Danny Sugerman et du journaliste Jerry Hopkins (Personne ne sortira d’ici vivant ; Jim Morrison, le roi lézard), de son « ami » parisien Hervé Muller (Jim Morrison mort ou vif), ou enfin de la journaliste Patricia Butler (La tragique romance de Pamela & Jim Morrison).
Une liste non exhaustive d’ouvrages – plus ou moins sincères –, qui a servi de base à l’auteur pour éclairer des pans méconnus de la vie passionnante et chaotique de James Douglas Morrison (1943-1971).
Alors, la question cruciale est : qu’apprend-on de plus dans cette énième biographie ? La bisexualité mystérieuse de la star, son penchant immodéré pour l’alcool, la couleur des cheveux de Nico, sa relation orageuse avec Pamela ? Au-delà de l’aspect privé, ce qui ressort après la lecture, c’est un énorme sentiment de gâchis aux vues des qualités de poète de l’intéressé.
La vie de Jim Morrison, formidable chanteur de blues et talentueux « homme de mots » selon ses propres termes, aura eu la trajectoire d’une étoile filante...
Plus d’infos : http://editions.flammarion.com/accueil
Pour les anglophones ou bilingues avides de savoir sur la culture drum & bass, à signaler la sortie cet hiver du livre
électronique All Crews, signé Brian Belle-Fortune, une réédition de All
Crew Muss Big Up (1999) agrémentée d'une cinquantaine de pages sur les dernières évolutions du genre.
Premier véritable ouvrage sur ce pan de la contre-culture Britannique, All Crews dresse un portrait fidèle et quasi-exhaustif des acteurs de cette scène, née au début des années 90
des cendres du breakbeat. Parmi les DJs et MCs qui ont marqué la jungle, reviennent souvent les noms de Goldie, Fabio, Kemistry &
Storm, LTJ Bukem, DJ Hype, Photek, Alex Reece, Dillinja, Peshay, Roni
Size, Shy FX, 4 Hero, Bad Company, Bryan Gee, Dom & Roland, Ed Rush &
Optical, J Majik, Adam F, Lemon D, Grooverider, Jumpin' Jack Frost, Omni Trio,
DJ Rap, Tali, London Elektricity ou encore A Guy Called Gerald. En ce qui concerne les labels, sont fréquemment
cités Reinforced, Metalheadz, Moving Shadow, Shut Up & Dance, Full Cycle, Ebony,
SOUR, V Recordings, Dope Dragon, Ram, Virus, Juice Box, Hospital,
Good Looking, True Playaz ou Talkin’ Loud.
Le livre parle également des radios pirates sans qui la drum & bass n’aurait pu s’épanouir, et qui ont forgé son âme rebelle et profondément humaine : Kool, Kiss, Rush, Rave, Rude, Easy
ou Origin FM, les boutiques de disques (dont la plus connue Black Market Records), les Raves, les clubs, les promoteurs, les agences de booking, les media et aujourd’hui Internet
et les nouvelles technologies.
All Crews, c'est 17 ans de vie de 1988 à nos jours ; un livre par ailleurs dédicacé à John Peel, le pape de la BBC décédé en octobre dernier. 272 pages
d’Histoire et de passion.
Plus d’infos : www.allcrew.co.uk
C’est à un joyeux bordel sonore et visuel auquel nous convient les anglais de Hexstatic, fers de lance de la maison Ninja Tune. A l’instar de leurs mentors Jonathan More et Matt Black (Coldcut), Stuart Warren Hill et Robin Brunson sont passés maîtres dans l’art du recyclage des sons et des images.
Ce single – bien foutraque dans l’esprit – issu de leur 2ème album Master View (fourni avec un DVD et des lunettes 3D), mêle chant traditionnel et capoeira, beats inspirés de la batucada et séquences de carnaval Brésilien pour le premier (Salvador), vieux commentaires télévisés sur les bienfaits du son stéréo et son impact sur l’ « American way of life » pour le second (Living Stereo).
Les images sont bien évidemment mixées dans le tempo, avec humour et style, et l’on se dit qu’une nouvelle ère commence peut-être pour le clip vidéo au travers de cet ingénieux procédé. Plus que des VJs, les deux gugusses de Hexstatic s’avèrent être des « ciné-jockeys ».
Plus d'infos : www.hexstatic.tv
Personnage emblématique, homme sincère et attachant, Laurent Garnier revient sur 15 ans de carrière et la genèse du mouvement rave, dans ce livre autobiographique écrit avec le journaliste David Brun-Lambert. Un récit documenté et facile à lire, qui tente de mettre un terme au sempiternel amalgame techno = ecstasy. Et une piqûre de rappel pour ceux qui auraient loupé le coche au début des années 90…
Véritable reflet de la société, il y a aussi parmi les acteurs de cette musique des passionnés et des suiveurs, des génies et des opportunistes. Au fil des pages, on plonge dans l’hédonisme des années 80, ses bouleversements politiques (la chute du Mur), la répression policière de la décennie passée (avec comme point d’orgue la Criminal Justice Bill du gouvernement Thatcher), les dérives mafieuses, mais surtout on prend conscience de la fièvre qui poussait chaque week-end des milliers de jeunes sur les routes de campagne, à la recherche d’une expérience unique...
De ses débuts à L’Haçienda de Madchester au second Summer of Love (1989), du Boy au Rex Club, de Chicago à Detroit, on prend plaisir à suivre le DJ dans ses aventures, tel un Tintin au pays des raves. Des pensées à ses amis décédés (Armando, Liza‘n’Eliaz), des hommages appuyés à ses héros Mike Banks et Jeff Mills (fondateurs d’Underground Resistance), Derrick May (qui a signé Acid Eiffel sur son label Fragile), des regrets (Mozinor, Oz, la fête gâchée de la première Techno Parade) et d’immenses satisfactions (Boréalis ’97, le Japon, F Com) ponctuent ce bouquin authentique et on l’espère, salutaire.
Tout est dans le titre : Electrochoc. Parce que la musique électronique aura foutu un sacré coup de vieux à l’industrie du disque, et qu’elle aura marqué à jamais la vie de nombreux trentenaires… Une autobiographie en forme de bilan pour l’intéressé, qui continue à jouer avec la même passion, malgré les problèmes de dos et une ouïe défaillante...
On lui souhaite bon courage pour les 15 années qui viennent. C’est sûr, le Big Babou a encore plein d’histoires à nous raconter.
Plus d'infos : www.laurentgarnier.com
Disponible uniquement en import, Volumen plus fait suite au magnifique Volumen, qui contenait déjà 14 clips de l’ex-Sugarcubes. 7 merveilles de plus au programme cette fois... Des écrins de lumière qui illustrent parfaitement les compositions et le monde si particulier de l’artiste islandaise. Exit les français Stéphane Sednaoui, Michel Gondry et Jean-Baptiste Mondino, mais le duo de graphistes M/M vient heureusement sauver la mise. De toute façon, on est rarement déçu du voyage avec l’elfe de la musique...
Pagan Poetry, dirigé par Nick Knight, a notamment été interdit d’antenne, jugé trop hard pour les occidentaux policés que nous sommes... Ce clip montrant Björk se faire percer le corps, au point d’en être corsetée, peut en effet choquer tout un chacun, plus habitué au miel des produits conventionnels... Celle-ci aurait d’ailleurs déclaré que l’industrie du clip vidéo avait besoin d’une bonne fessée ! A signaler, les sites bjork.com et showstudio.com, où l’on peut retrouver le clip lui-même ainsi que d’autres réalisations de Nick Knight, comme Special Cases pour Massive Attack. Les parties interactives sont très ludiques !
Après ses travaux pour Aphex Twin (l’hallucinant Windowlicker) et Madonna (Frozen), le britannique Chris Cunningham s’empare de All Is Full Of Love pour en faire un clip cyber-érotique glacé. Alexander McQueen, connu pour ses talents de couturier, livre quant à lui une oeuvre colorée et naturaliste, sur Alarm Call. Björk s’y voit confrontée à toutes sortes d’animaux sauvages, dompte un serpent, et affronte même des piranhas.
Quant à Spike Jonze, déjà auteur de Cannonball pour les Breeders, du foutraque Sabotage pour les Beastie Boys, du célèbre Da Funk pour Daft Punk et de l’original Praise You pour Fatboy Slim, il réalise un It’s In Our Hands très proche de l’univers de la chanteuse. Filmée par une caméra infra-rouge, elle évolue à la manière d’Alice au pays des merveilles dans un monde gigantesque et peuplé de créatures toutes plus réalistes les unes que les autres. Etrange, mais particulièrement réussi !
Pour Nature Is Ancient, Lynn Fox créé une œuvre en images de synthèse, dans lequel on assiste au développement d’un fœtus dans un placenta quelque peu bizarre...
Hidden Place et Cocoon mêlent quant à eux le travail de graphistes remarquables au talent de comédienne affirmé de Björk, 37 ans, au faîte de sa gloire.
Tracklisting :
1. Alarm Call (Dirigé par Alexander McQueen)
2. All Is Full Of Love (Dirigé par Chris Cunningham)
3. Hidden Place (Dirigé par Inez+Vinoodh & M/M Paris)
4. Pagan Poetry (Dirigé par Nick Knight)
5. Cocoon (Dirigé par Eiko Ishioka)
6. It’s In Our Hands (Dirigé par Spike Jonze)
7. Nature Is Ancient (Dirigé par Lynn Fox)
Plus d’infos : www.bjork.com/videogallery