Electro / Techno


Plus qu'une simple compilation, ce double album mixé rassemble les principales piges de C2 depuis 2003, ainsi que quelques classiques réenregistrés pour l'occasion : 5 années, voire bien plus, donc, à apprivoiser, dompter, réinventer la musique des autres sans jamais la maltraiter.
Il faut dire que l'Américain n'en est pas à son coup d'essai, et que nombre de
chefs-d'œuvre jalonnent sa carrière artistique. De la complainte Desire (sous le pseudo de 69) au LP sans fausse note More Songs About Food and Revolutionary Art en passant par son projet 'Sun Ra-esque' Innerzone Orchestra, sans oublier les débuts prometteurs avec Derrick May et le célèbre cri de Throw (Paperclip People), Carl Craig n'a cessé de modeler avec talent ses délicieuses enveloppes synthétiques autour de squelettes rythmiques simplistes mais ultra-efficaces, axant son propos sur la danse et la transe.
L'homme passe pour être un piètre DJ (sa première mixtape pour la série DJ-Kicks avait laissé un souvenir périssable), mais la maîtrise avec laquelle il remixe (Cesaria Evora, Theo Parrish, Rhythm & Sound, entre autres), produit ou simplement réédite (son avant-dernier album The Album Formerly Known As... reprenait avec brio l'inégal Landcruising de 1995) est tout bonnement exceptionnelle, faisant de lui – malgré les années qui passent – un acteur incontournable de la musique électronique.
Il y a fort à parier que les générations futures célèbreront ce visionnaire, à l'instar de John Coltrane dans le jazz.

A lire également sur ce blog :
-
le live de Tres Demented au Trabendo
- la chronique du EP Just Another Day

Plus d'infos :
www.myspace.com/carlcraig


Mercredi 30 avril 2008 3 30 /04 /2008 15:49


I know
You gonna want me
But when you want me
It might be...
A different story

Chroniquer Sexor : ou comment augmenter l’audience de son blog en cédant aux sirènes du « star-system ». Même si les manières sont critiquables (ses poses de minet, son attitude « gay-friendly »), il faut reconnaître à l’intéressé un sens indéniable du dancefloor et une facilité certaine à faire des hits, comme en témoignent le très pop (Far From) Home et le tubesque You Gonna Want Me avec Jake Shears des Scissor Sisters aux vocaux, crossover parfait entre dance et électro, aux lyrics pompés sur le early hardcore Infiltrate 202 des méconnus Altern8.
La suite, inégale, oscille entre singles déjà publiés (l’acidulé Pleasure From The Bass ; le lourdingue Louder Than a Bomb et son rap à la Snap! dixit Prefuse 73 dans le magazine Trax de février), futur succès des clubs (Good as Gold), reprises plus ou mien bien senties (Burning Down The House des Talking Heads ; Down in it de Nine Inch Nails) et mièvreries (The Ballad of Sexor, qui rappelle Something About Us des Daft Punk ; Brothers, dans le même esprit que Je t’apprendrai de Jordy).
Super kitsch et pourtant attachant, Sexor n’en est pas moins un premier album réussi, propre à faire danser les filles (n'est-ce pas Luz ?). Véritable Who’s Who de l’electro mondiale (ont participé à la production Jesper Dahlbäck de DK7 et les frères Dewaele de Soulwax, ainsi que Philippe Zdar de Cassius au mixage), il devrait se tailler la part du lion parmi les nombreuses sorties de disques qui inondent le marché.
De quoi faire du Canadien Tiga Sontag, en DJ set ce soir (9 mars 2006) au Rex Club, un invité potentiel de la prochaine Star Academy

Plus d’infos : www.djtiga.com


Jeudi 9 mars 2006 4 09 /03 /2006 10:31


Des deux espoirs de ce début de siècle chez Playhouse, seul Isolée semble tirer son épingle du jeu, Losoul (aux prestations live pourtant explosives) n’ayant pas réellement convaincu après le plébiscité Belong. Certes, l’attente a été longue (5 ans !) avant de pouvoir écouter le successeur de Rest (dont l’hymne Beau Mot Plage a été l’un des plus compilés de toute l’histoire des musiques électroniques), mais quel plaisir de voir à nouveau réunis house, techno et électro ! Trois styles frères séparés à la naissance…
Rajko Müller nous ressert donc sa précieuse alchimie sonore sur We Are Monster, avec davantage de personnalité encore, et j’allais dire, de finesse. Pas facile en effet de faire un album écoutable à la maison et dansable en club. Isolée y est arrivé, avec toutefois une propension certaine à créer des ambiances d’after, comme sur l’acid Do Re Mi ou l’extatique Face B. Très habile dans le maniement des sons (guitare, cordes, effets), l’Allemand surprend à chaque morceau, repoussant les limites du genre minimal à l’instar de Jackson (and his Computer Band) chez Warp.
Mais loin des concepts et prises de tête en matière de programmation, c’est à un univers très onirique auquel nous convie l’intéressé, notamment sur Schrapnell, Enrico et Today. A l’image du pompiste dans le dernier Romero (l'excellent Land of the Dead), « nous sommes un monstre », et Isolée est notre guide…

Plus d’infos : www.isolee.de


Mercredi 28 septembre 2005 3 28 /09 /2005 00:00

 

Sorti en mai, Thrills est déjà loin de susciter le même engouement que son prédécesseur. Moins pop, moins avant-gardiste, plus prévisible peut-être que Berlinette... Il faut dire que notre miss Allemagne électro a beaucoup tourné depuis la sortie de Stadtkind en 2001 : des DJ sets qui l’ont en effet menée aux quatre coins du monde et de la France...
Alors, boulimique de musique ou cachetonneuse de talent, Ellen Allien ?
C’est sans compter sur la versatilité de la patronne de BPitch Control, qui a toujours su se démarquer de ses contemporains en évitant les dérives trancey de la Love Parade à la Westbam, pour aller sur les terrains plus accidentés de la minimale et des clicks’n’cuts, voire de l’électronica, avant de s’ancrer définitivement dans un « son » typiquement germanique (Anthony Rother, Johannes Heil, DJ Hell…), inspiré à la fois de Kraftwerk, Brian Eno et Nina Hagen.
Avec son habituel partenaire de Smash TV, Holger Zilske, elle prend un virage à 180° avec les sons analogiques et déshumanisés de Thrills, renouant certainement avec ses premières amours, la techno des labels Harthouse, Tresor ou Chain Reaction. Un retour aux sources qui ne devrait pas éveiller la presse rock, mais qui fera logiquement son effet sur le dancefloor...
A noter : la pochette du vinyle, différente du CD.

Plus d’infos : www.ellenallien.de 


Lundi 11 juillet 2005 1 11 /07 /2005 00:00


Décevant mais ambitieux : ce sont les deux adjectifs qui viennent en tête pour qualifier le dernier LP du prolifique Jori Hulkkonen. Il faut dire que le pensionnaire de la maison F Com nous avait habitué à mieux depuis ses débuts en 1996 (Selkäsaari Tracks ; When No One Is Watching, We Are Invisible...). Là, on ne comprend pas très bien où le Finlandais veut en venir, avec des Tracks mélancoliques sans réelle consistance (Science ; Some Distant Memory). Le talent de producteur de ce DJ (qui a fait les premières parties de lives de Laurent Garnier, son label manager) est pourtant indéniable, mais à vouloir répéter la même idée sur dix plages, on pourrait croire à de nouvelles embardées de Philip Glass dans l’ambient music.
Il y a pire comparaison, me direz-vous… La vérité, c’est qu’on pique souvent du nez sur ce Dualizm monotone et inégal, qui entrevoit parfois la lumière : sur le superbe Blinded By The Numbers, avec José González (que n’aurait pas renié un certain Miles Davis), et avec l’abstract jazz réussi de Styrkkarit Laukee Taas, qui rappelle les formations nordiques actuellement en vogue (Jaga, Jimi Tenor…). Mais quand arrive Dying In Beauty avec la co-production l’incontournable chéri de ces dames, Tiga, on soupire de lassitude. Entendu, déjà entendu… Les deux hommes étant pourtant à l’origine du revival synth-pop 80’s de ces dernières années avec le tube de 2001, Sunglasses At Night.
Et puis on se réveille un peu avec l’électro-pop communicative de Lo-Fiction, d’influence New Order, où Jori ressort la deep techno midtempo qui a fait son succès. Mais quand l’artiste fait mine de retrouver un peu de sa vitalité sur la techno de Fermi Paradox, ses chances de nous convaincre tombent définitivement à l’eau.
Dualizm, le meilleur somnifère de ce printemps 2005… J’ai bien dit meilleur.

Plus d’infos :
www.jorihulkkonen.com

BONUS : téléchargez la vidéo de Lo-Fiction (Divx AVI, MPEG1 ou QuickTime) !


Samedi 18 juin 2005 6 18 /06 /2005 00:00


On aurait pu craindre un essoufflement de la machine à danser Gigolo, mais cette 8ème compilation sélectionnée par l’oreille experte de son patron DJ Hell nous en donne pour notre argent, en réunissant valeurs sûres (David Carretta, qui signa la face B du premier maxi du label, l’acolyte Richard Bartz, Tiefschwarz…), confirmations (l’autre français Kiko, les Psychonauts, Savas Pascalidis, Mount Sims…) et belles révélations (comme Play Paul, le frère de Guy-Manuel des Daft Punk, et Eric Prydz remixé par les frères Dahlbäck, bien loin du lénifiant Call On Me).
Toujours dans la mouvance électroclash qui mêle programmation minimale, tempo house et odeurs de stupre, Helmut Geier nous fait passer un agréable moment tout au long de ces 2 heures 30 de musique. Les influences EBM, synth-pop et indus de l’intéressé se ressentent dans ses choix artistiques, à l’image de la compilation (remarquable) sortie en 2003, New Deutsch, dans laquelle apparaissait Grauzone (premier groupe de Stefan Eicher) ou encore les incontournables DAF.
Nul besoin d’aller chercher midi à quatorze heures, cette compilation est tout bonnement indispensable. Vous y ferez même des rencontres prometteuses… Tendez bien l’oreille, l’avenir de la musique électronique se trouve en partie ici.

Plus d'infos :
www.gigolo-records.de


Dimanche 8 mai 2005 7 08 /05 /2005 00:00


Un tube underground (Discotheque) sorti en 98 chez Kurbel et un nom d’armateur grec imprononçable, c’est tout ce que l’on sait de Savas Pascalidis, par ailleurs boss du label Lasergun, parti à la conquête des dancefloors avec ce nouvel album (son 2ème chez DJ Hell après Galactic Gigolo en 2003).
Une entrée en matière quelque peu monocorde (Raw Mission), utile pour lancer un set tribal techno, et le DJ-producteur attaque avec des titres de facture assez classique (Move Your Body, aux roulements de caisse claire et aux sons de Roland Jupiter très eighties ; Saigon Nightmare d’influence très « Garniérienne »...), avant de lâcher définitivement les BPM et les distorsions. Rien de bien nouveau à l’est, mais toujours cette propension qu’ont les allemands à fabriquer des titres aussi simples qu'efficaces, aux noms souvent évocateurs (ici Acid Cock ; Cumshot ou Sexy Dancer par le passé).
Les productions de Savas Pascalidis font un peu penser à celles de Blake Blaxter, américain exilé à Berlin capable du meilleur comme du pire, notamment pour ces gimmicks mal choisis qui peuvent mettre à mal tout un édifice rythmique (comme sur le risible U Can Do It If U Dance). Heureusement, ce premier se reprend sur le « touchy » Heartbreaker (faisant penser au récent Fast Lane de Slam), ainsi que sur le groove perverti de I Turn U On et l’acid trance old-school de The Formula, qui donnent tous trois envie de se retrouver en sueur sous les spotlights.
Plus étonnante, la basse P-Funk du titre éponyme Disko Vietnam – morceau très moyen au demeurant –, et au final une impression tenace de déjà-vu. On sent malgré tout que son auteur se fait plaisir tout au long de ces 13 plages taillées pour la piste de danse. Ce qui n’est pas si mal…

Plus d’infos :
www.savas-pascalidis.com


Samedi 16 avril 2005 6 16 /04 /2005 00:00


OK Cowboy, le disque que l’on attendait de Daft Punk, est en fait l’œuvre d’un dijonnais passé à la postérité grâce aux 2 Many DJ’s, Pascal Arbez dit Vitalic. Les classiques Poney et La Rock 01 – mille fois entendus – sont bien présents sur ce premier album, heureusement secondés par les non moins réussis No Fun, My Friend Dario et Repair Machines. On regrettera juste un certain manque de finesse sur le grossier Newman
Après tout, c’est ce qui fait la marque de fabrique de ce fan de Laurent Garnier et Eric Borgo, habitué des gros rassemblements (
Welcome 2 The Rave, notamment, en mai 2003), comme des clubs bondés (le Rex Club, pour n’en citer qu’un), sur qui Rollin’ & Scratchin’ aura eu une influence définitive.
L’humour et le talent ne manquent pas chez Vitalic (Polkamatic, Wooo), qui a depuis ralenti la cadence de ses Lives. Rencontré en 1997 lors d’un passage par la capitale bourguignonne, Sébastien Joly, alors label manager de Choice Records, ne tarissait pas d’éloge au sujet de son jeune poulain, auteur d’un premier maxi remarqué sous le pseudo de Dima (Bonne Nouvelle EP). Suivirent les furieux Fuckeristic
et You Know EP (Hustler Pornstar) sur Step 2 House, avant que Pascal Arbez ne change à nouveau d’identité pour passer sur Gigolo. La suite, on la connaît…
Un hommage à la space music de Jean-Michel Jarre sur The Past et à l’italo-disco des maîtres Moroder et Soccio sur U and I, et voici que Vitalic réalise presque un sans-faute.
OK Cowboy, le Nevermind de l’électro-techno ?

Plus d’infos :
www.vitalic.org


Jeudi 24 mars 2005 4 24 /03 /2005 00:00


Tout a déjà été dit sur lui : un « maître », un « génie »... Et tout cela est vrai, tant l'aura du producteur américain est grande, auprès de ses pairs comme du public. Mais Carl Craig est surtout un visionnaire, qui a su très tôt reconcilier jazz et électronique, à la manière de ses grands aînés (Herbie Hancock, George Duke, Weather ReportFrank Zappa).
Proche ici des productions de Psyché (un de ses multiples pseudos), le musicien versatile délivre un 4 titres réellement passionnant, bien que pessimiste et profondément mélancolique. Une électronica froide et synthétique (Darkness), toujours spirituelle (Sandstorms), aux nappes bouleversantes comme seule Detroit sait en produire.
Avec Twilight et Experimento, C2 fait également renaître l'esprit de Innerzone Orchestra (son ambitieux big-band), sous une forme nettement plus intimiste.
Essentiel.

Plus d'infos ? Essayez toujours 
www.planet-e.net...


Lundi 21 mars 2005 1 21 /03 /2005 00:00

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Les « vieux » de la musique électronique n'ont pas dit leur dernier mot. La preuve avec ce nouvel album du britannique Gerald Simpson, ex-partenaire de Graham Massey au sein de 808 State, mieux connu sous le pseudo de A Guy Called Gerald.
A l’instar de Laurent Garnier, surprenant une fois de plus son monde avec The Cloud Making Machine, ce pionnier de l'acid house (Voodoo Ray), mais aussi de la drum’n’bass, a décidé de se faire plaisir loin des modes passagères… De American Cars à What God is, on se laisse bercer de bout en bout par ses ambiances ésotériques et son sens parfait du contre-pied.
La voix d’Ursula Rucker n’a jamais été aussi troublante que sur Millenium Sanhedrin, l’abstraction aussi sensuelle que sur To Love, et le clin d’œil aussi évident que sur First Try (qui renvoie au mythique Pacific State de 808 State, pour lequel il n’a jamais été crédité). Finley Quaye, à l’éternelle voix d’adolescent, est également de la partie sur ce qui sera certainement le prochain single, Strangest Changes (souvenez-vous du planant Finley’s Rainbow sur Black Secret Technology...).
Bref, pas grand-chose à jeter, si ce n'est le monotone Pump, sur ce To All Things… intemporel et ambitieux. Un disque dont la qualité s’impose après plusieurs écoutes.
La marque des grands.

Plus d’infos :
www.guycalledgerald.com


Lundi 28 février 2005 1 28 /02 /2005 00:00

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