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Hip-Hop / R&B


Mama mia !
Mais qui est donc cette fille ? Avec elle, pas question de danser le Mia ! Les hommes n’ont qu’à bien se tenir, comme elle semble le dire dans Hombre...
Londonienne d’adoption, Maya Arulpragasam est née il y a 27 ans au Sri Lanka. De ses racines indiennes, elle tire une manière bien à elle de manier la langue anglaise. Après Peaches et Dizzee Rascal, le label XL Recordings donne là encore du grain à moudre avec ce premier album détonnant et furieusement urbain.
Arular, réalisé sur une simple Groovebox avec l’aide additionnelle de Richard X et Steve Mackey (Pulp), présente en effet toutes les qualités nécessaires au succès : de la pulpe (Sunshowers), des bulles (Bucky Done Gone) et du goût (Galang). Mélangeant avec une simplicité évidente bhangra, électro et dancehall, M.I.A. est bien partie pour faire parler d’elle.

Plus d’infos :
www.miauk.com


Mardi 3 mai 2005


Non contente de révolutionner le clip vidéo avec Hexstatic, le jazz avec Jaga Jazzist ou le turntablism avec Kid Koala, Ninja Tune (ou plutôt sa division hip hop Big Dada) frappe fort à nouveau avec ce 3ème album (si l’on exclue les remixes de Run Come Save Me) de Roots Manuva. LE MC le plus talentueux d’Outre-Manche, loin devant l’exubérance minimaliste de Dizzee Rascal... Seul Beans (ex-Antipop Consortium) semble être en mesure de contester l’hégémonie de ce grand gaillard nonchalant.
Awfully Deep est une nouvelle preuve de la vitalité du rap britannique, définitivement émancipé de son grand frère américain. Plus aventureux, moins sclérosé et sexiste que son aîné, le flow de Rodney Smith prend ici son envol : 14 titres aussi bons les uns que les autres. Impossible d’en citer un en particulier, même si se dégage de Colossal Insight ou de Too Cold le parfum des singles faciles.
Proche parfois des Specials (A Haunting), comme de Ty (Rebel Heart), autre pensionnaire de la maison Big Dada, Roots Manuva fait entrer le rap dans le 21ème siècle.

Plus d'infos :
www.bigdada.com


Mercredi 16 février 2005


L’électro-funk revient à la mode. Juste avant l’album de Chromeo sortait celui du trublion Mocky, Are+Be : 15 titres rafraîchissants qui prennent toute leur signification sur scène. A l’instar du jazzy Crack a Smile, de l’électro-soul Who Will I Know You avec Jamie Lidell, du funky Seeing Things ou de l’easy-listening Mickey Mouse Muthafuckers, co-produit par Gonzales. Complices de la bande, Feist apparaît sur le joli Just Need Time et Taylor Savvy sur l’agréable Catch a Moment in Time, prochain single à sortir. Le reste se laisse écouter sans lasser, passant du hip-hop rappé à la comptine chantée, comme pendant ses concerts où le bonhomme arbore successivement un masque de singe, des oreilles de souris et une perruque du 18ème (Sweet Music, déjà publié sur le premier LP In Mesopotamia). Le tout est mixé une fois de plus par le français Renaud Letang, décidément incontournable. C’est sûr, la musique de Mocky ne devrait pas rester longtemps confidentielle, contrairement aux films de Jean-Pierre…

Plus d'infos :
www.mockyrecordings.com


Dimanche 26 septembre 2004


6 ans que l’on attendait un successeur au multi-platiné Hello Nasty, qui rendait compte du formidable talent d’entertainers des trois B-Boys, notamment sur les foutraques Intergalactic et Three MC’s and One DJ. Qu’elle semble loin, aussi, l’époque de Licensed To Ill, sorti en 1986 sur le mythique label Def Jam Recordings (Public Enemy, LL Cool J, EPMD...), et de Paul’s Boutique (89) - leur meilleur album à ce jour avec Ill Communication (94) -, qui les vit troquer leur punk/hardcore adolescent pour un rap désopilant et plein d'autodérision. Un groupe qui n’a cependant jamais oublié ses racines rock, grâce à la création de sa propre structure, Grand Royal (Luscious Jackson, Money Mark, Bran Van 3000...), dont la banqueroute a été récemment prononcée.
A presque quarante ans, Adam Horovitz, Adam Yauch et Michael Diamond - plus connus sous les sobriquets de Adrock, MCA et Mike D - n’ont pas encore besoin de DHEA (« You never been me / you wanna rap but what you're making ain't hip hop b » sur Ch-Check It Out). Ni de Prozac®, d’ailleurs, malgré les événements sombres qui ont défiguré leur ville un certain 11 septembre (« Since 911 we're still livin' / and lovin' life we've been given » sur An Open Letter To NYC). Cela ne les empêche pas, à l’instar de 3D et Daddy G de Massive Attack, de militer contre la guerre en Irak et pour la défense de l’environnement, ou, au travers de leur nouveau studio de production Oscilloscope, d’adresser des missiles (ver)balistiques au président BushWe've got a president we didn't elect / the Kyoto treaty he decided to neglect / and still the U.S. just wants to flex. » sur It Takes Time To Build).
Véritables tueurs sur disque comme sur scène, les Beastie Boys resteront dans la mémoire collective les petits blancs, juifs de surcroît (« I'm a funky-ass Jew and I'm on my way / and yes I got to say fuck the KKK » sur Right Right Now Now), qui les premiers, ont tenu la dragée haute aux spécialistes afro-américains du genre, bien avant Vanilla Ice (sic) et Eminem. To The 5 Boroughs marque un retour aux sources du hip-hop, une machine à danser à base de lyrics tranchants, de scratches percutants (Mix Master Mike) et de beats électro old-school programmés (sur une TR 909 ?) à l’ancienne. Une ode intelligente à la Big Apple et à ses cinq districts, à son melting-pot (« Black, White, New York You make it happen! »), enfin, à sa créativité musicale (le sample du fameux Good Times de Chic qui donna lieu au Rapper’s Delight de Sugarhill Gang, ici repris, malaxé et trituré sur Triple Trouble).

Plus d'infos :
www.beastieboys.com 


Mardi 15 juin 2004


Devenus incontournables dans le milieu pop américain (celui des Britney et Justin), les Neptunes ont donc décidé de donner une suite au plébiscité In Search Of..., qui avait, à sa sortie, réjoui aussi bien les amateurs de hip-hop, que de rock ou de musiques électroniques.
Les deux producteurs, héritiers autoproclamés de Quincy Jones et Rod Temperton (Michael Jackson), ici accompagnés par le rappeur Shay, avaient, on l’imagine, à cœur de convaincre leurs détracteurs, prétendant que N.E.R.D (pour No one Ever Really Dies) ne serait qu’un coup d’épée dans l’eau.
Malgré un bon début, Lapdance en plus funky (Don’t Worry About It), des envolées pop réussies (l’éponyme Fly or Die dédicacé aux « kids » et le communicatif Jump), le blues-funk Backseat Love à l’orgue chatoyant, le remuant She Wants To Move (aux paroles explicites mais un peu stupides : « Her ass is a spaceship I want to ride » soit « Son cul est un vaisseau que je voudrais piloter ») qui donne effectivement envie de le bouger, le reste des titres s’avère vite indigeste sur la durée. Comme le trop long Wonderful Place, qui s’aventure sur les terres des Rolling Stones époque disco (on pense à leur remix de Sympathy for the Devil), et Drill Sergeant, qui lorgne vers les excès glam de Queen (!). On notera aussi la présence dispensable de ?uestlove des Roots et de Lenny Kravitz sur le poussif Maybe.
Dommage, ces types sont pourtant capables du meilleur : le magnifique Frontin’ de Pharrell, repris par le jeune virtuose du jazz Jamie Cullum, ou les albums de Kelis (Kaleidoscope, Wanderland & Tasty).
Avec Fly or Die, ce sont davantage les charts et l’antenne de MTV qui sont ciblés. D’ailleurs, pas de doute, cet album devrait leur permettre d’atteindre le haut du box-office. Au risque de perdre leurs fans de la première heure en route…

Plus d'infos :
www.n-e-r-d.com


Samedi 12 juin 2004


Sorti en 2002 sur Def Jux, le premier album de Rjd2 fait figure d'ovni par rapport aux sorties précédentes du label d'El-P.
Album majoritairement instrumental, Deadringer distille un hip-hop racé et dynamique, en totale opposition à Endtroducing auquel il a souvent été comparé par les journalistes de la presse musicale. Complètement opposé, il l'est aussi du Play de Moby et ce malgré quelques samples vocaux de blues.
On sent au traitement des batteries et à la découpe des samples que Rjd2 a fait ses classes en produisant des instrumentaux pour des rappeurs (en l'occurrence ceux de Megahertz). De même que l'on devine le penchant du personnage à collectionner les disques tant ses sources de samples sont diversifiées.
C'est notamment le cas sur Smoke & Mirrors, le meilleur morceau de l'album, où les samples vocaux sont magnifiquement agencés sur un instrumental plutôt rock. En tout cas, l'alchimie fonctionne à merveille.
C'est le cas aussi sur Shot In The Dark dans lequel Rj utilise un thème de Michel Legrand (thème qui sera repris plus tard comme générique d'une émission d'enquêtes criminelles du service publique) accompagné de dialogues de films.
Non content d'être un petit génie du sampleur, Rj ponctue nombre de ses morceaux de scratches nerveux qui amplifient encore la dynamique générale.
En terme qualitatif, tous les titres se valent plus ou moins : tout est très bon, même si parfois la présence de rappeurs est dispensable (notamment sur June).
En résumé, un superbe album, frais et inventif (même si vous lirez partout le contraire) qui mérite investissement.
Rjd2 saura t-il confirmer pour son deuxième opus les attentes qu'il a fait naître avec celui-ci ?
« Who knows what tomorrow will bring? Maybe sunshine, maybe the rain... » comme dirait la chanson.

Plus d'infos :
www.rjd2site.com


Lundi 7 juin 2004


« This album reflects a lifetime of vinyl culture » (extrait du livret intérieur d’Endtroducing).
Le jeune Josh Davis alias DJ Shadow n’a que 23 ans lorsqu’il livre son premier album par le biais du label de James Lavelle. Et pourtant, malgré son jeune âge, il possède déjà une identité sonore bien affirmée et une culture musicale hors du commun.
Très inspiré par David Axelrod, sa référence musicale, Davis entreprend un travail de composition et d’orchestration uniquement à base de samples placés sur de puissants breaks de batteries.
Pour réaliser ce travail titanesque, il puise dans son immense collection de vinyls (estimée à plus de 700 000 disques !!!) et agence les samples pour former de véritables morceaux instrumentaux non linéaires ponctués de scratchs et d’extraits de dialogues de films.
Le disque comporte plusieurs niveaux de lecture, surtout lorsqu’on tient compte de la personnalité de collectionneur acharné de Davis (à découvrir dans le film/documentaire Scratch de Doug Pray), héritée de sa culture hip-hop.
Tout y passe : du disque obscur de jazz samplé sur Changeling, au rock 60’s psychédélique (Stem/Long Stem), en passant par Björk (Mutual Slump). Ses sources sont variées et font même l’objet de recherches actives sur internet. Véritable dénicheur de raretés, les disques qu’il sample voient leur côte augmenter automatiquement de 50$ sur Ebay.
Au niveau musical, Endtroducing a un son rugueux et brut, tout droit sorti de la Glue Factory, le home studio de Dan The Automator (Gorillaz, Deltron 3030). Instinctif et spontané, cet album a permis d’amener un peu de fraîcheur à un hip-hop en manque d’inspiration à l’époque de sa sortie.
Trop vite catalogué trip-hop par la presse soi-disant spécialisée, un terme refusé par Shadow qui préfère parler de hip-hop instrumental pour décrire son œuvre, Endtroducing est un disque culte qui a influencé un grand nombre de musiciens contemporains et a donné ses lettres de noblesses à la musique à base de samples. Un « must have » en somme.

Plus d'infos :
www.djshadow.com


Mardi 11 mai 2004


On la surnomme Thunder Bitch. Née à Harlem (NYC) en 1980, Kelis Rogers sait en effet ce qu’elle veut. Si les poses aguicheuses de son dernier clip Milkshake traduisent une sensualité à fleur de peau, la fiancée de Nas (qui joue le personnage du cuistot) ne sombre jamais dans le superflu. Comme Beyoncé, Kelis joue avec le nerf optique de ses fans...
Après le rageur Caught Out There (I Hate You So Much Right Now! ) et le groovy Popular Thug, issus de ses deux premiers albums Kaleidoscope et Wanderland, la jeune américaine s’entoure à nouveau des meilleurs (les Neptunes, patrons de Star Trak, pour le torride Milkshake cité plus haut, l’incontournable Andre 3000 sur l’extraordinaire Millionaire), et de poids lourds du show-business américain (P. Diddy, Dallas Austin). Et la belle de s’imposer comme l’artiste de r&b la plus avant-gardiste du moment (mais peut-on encore parler de r&b ?).
Une chose est sûre, Tasty devrait faire fondre n’importe quel réfractaire au genre. 14 titres très goûteux, malgré les grumeaux (Keep It Down, trop proche de Pink). Un In Public minimaliste et princier, en duo avec Nas. Sans oublier Flashback et Trick Me, aux relents de rock steady, qui donnent furieusement envie de bouger ses fesses. Au final, un album à déconseiller aux diabétiques.

Plus d'infos :
www.kelisonline.com


Mercredi 18 février 2004


Ty est un homme heureux. Après avoir chanté tout l’été aux côtés de Tony Allen lors de son Home Cooking Tour, l’automne s’annonce riche en couleurs pour cette bête de scène.
Vous en avez peut-être marre des Neptunes (peu probable), omniprésents en cette rentrée, ou alors estimez-vous que le hip-hop se meurt ?
Dans les deux cas, Upwards est pour vous. Ce second album, faisant suite à Awkward sorti en 2001, devrait introniser le rappeur au panthéon des MC’s britanniques, parmi lesquels figure déjà l’excellent Roots Manuva (de la même écurie).
A l’instar du rythmé Wait a Minute, deuxième single à paraître en octobre et tube potentiel, un flow caractéristique, des textes intelligents et une indéniable ouverture d’esprit font de cet opus une des bonnes surprises de la rentrée. Loin des clichés du rap américain et des pitreries calculées d’Eminem, Ty prouve avec fraîcheur que le genre n’est pas près de se mordre la queue. Sans cesse en renouvellement, il est même en pleine explosion outre-manche, comme le soulignent les sous-labels de Ninja Tune et Warp, respectivement Big Dada et Lex. Les américains n’ont qu’à bien se tenir !
S’ouvrant sur le jubilatoire Ha Ha et se terminant par un morceau caché tout en douceur, cet album kaléidoscopique et original plaira sans coup férir aux adeptes de broken et d’afro beats, aux initiés comme aux néophytes...

Plus d'infos :
www.tymusic.org


Lundi 22 septembre 2003


Non, vous ne rêvez pas ! Vous êtes bien en train de lire la chronique du premier album solo de Beyoncé Knowles, membre du trio sirupeux Destiny’s Child.
Et pourquoi donc un article sur une artiste si peu originale (talent mis à part) ? Tout simplement parce que ce premier long format est une bombe !
Pas la peine de tergiverser pendant des heures, le morceau d’ouverture Crazy in Love (au clip ultra sexy) prend direct au cerveau et ne vous lâche plus les neurones. Tout comme Naughty Girl (et son "I Love To Love You Baby" emprunté à Donna Summer), Baby Boy et Hip Hop Star, trois tubes potentiels tous meilleurs les uns que les autres.
Des influences à aller chercher dans la musique noire américaine des années 70 et 80, à l’image de la B.O. du dernier Mike Myers Goldmember, dont est extrait le funky Work It Out, rappelant les meilleures années de Stax et Tamla Motown.
Sans parler du titre concocté par IAM, Bienvenue, où l’on se dit que les marseillais ont fait un sacré bond en avant en ce qui concerne le beat… Bravo !
Bien sûr, il y a toujours les duos formatés pour MTV, comme avec Jay-Z sur le moyen Bonnie & Clyde ’03 ou avec le vétéran soul Luther Vandross sur The Closer I Get To You, les mièvreries r’n’b qui n’ont pas autant de chaleur qu’avec Aaliyah ou Ashanti (malgré le magnifique Signs avec Missy Elliott et l’émouvant morceau caché Daddy dédié à son père), mais il est difficile de se lasser de cet album dont la mise en bouche est particulièrement goûteuse.
Jennifer Lopez peut s’accrocher, Beyoncé a elle aussi des atouts à faire valoir, et sa musique sent moins le réchauffé. Bien au contraire ! 20 ans après le Thriller de Michael Jackson, Dangerously in Love a le potentiel pour conquérir la terre entière.
Allez, montez le son, et n’ayez pas honte ! C’est peut-être le moment de vous réconcilier avec votre jeune sœur… L’été s’ra chaud, l’été s’ra show !

Plus d'infos :
www.beyonceonline.com


Lundi 21 juillet 2003

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